LETTRES, ÉpicureFiche de lecture

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Un univers sans dieux

La lettre à Pythoclès, dont l'authenticité a parfois été contestée, est une application de la physique aux « météores » (foudre, cyclones, tremblements de terre, vent, pluie, arcs-en-ciel...), c'est-à-dire à tous les phénomènes qui nous étonnent et qui donnent lieu à des superstitions pourvoyeuses d'insécurité et de craintes infondées. C'est par superstition que les hommes s'imaginent que les cieux et les dieux leur envoient des signes sur lesquels ils devraient régler leurs vies. Enfin, la dernière lettre, à Ménécée, résume l'essentiel de la doctrine morale d'Épicure. Elle renferme la doctrine du « quadruple-remède » (tetrapharmakos) formulée par Philodème dans Contre les sophistes et contenue dans les quatre premiers fragments des Maximes capitales : « Le dieu n'est pas à craindre ; la mort ne donne pas de souci ; et tandis que le bien est facile à obtenir, le mal est facile à supporter. » Seule la philosophie peut nous mener sur la voie du bonheur. Différer de philosopher, parce que l'on considère qu'il n'est pas encore temps ou qu'il n'est plus temps, c'est différer d'être heureux. Il y a donc urgence : dieux, mort, souffrance sont là, toujours prêts à nous détourner du bon chemin. Les dieux, étant immortels, ne se préoccupent pas des affaires humaines. Quant à la mort, elle « n'est rien pour nous » : elle « n'existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu'elle n'a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus ». Si le plaisir est le souverain bien, il ne faut toutefois pas confondre la thèse d'Épicure avec celle des tenants de l'école cyrénaïque, tel Aristippe, car seule la philosophie peut nous permettre de parvenir à jouir réellement d'une vie heureuse, exempte des maux et des craintes auxquels sont en proie ceux qui n'ont en vue que les jouissances passagères et l [...]


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BONHEUR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 588 mots

Dans le chapitre « Le plaisir et la joie »  : […] Le bonheur n’est pas le plaisir, et c’est pourquoi il est si difficile à atteindre. Le plaisir est inséparable de la crainte de sa perte. Il voudrait ne pas cesser, il rêve naïvement de s’éterniser, oubliant qu’il ne saurait exister que dans son opposition à la douleur, ainsi que l’avait compris le premier Épicure (341-270 av. J.-C.). « Le plaisir est l’arrêt de la douleur », affirmait le philoso […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonheur-notions-de-base/#i_31391

ÉPICURE (341-270 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Graziano ARRIGHETTI
  •  • 6 205 mots
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Dans le chapitre « Des œuvres en grande partie perdues »  : […] Diogène Laërce rapporte qu'Épicure écrivit beaucoup et que l'ensemble de ses écrits formait quelque 300 volumes. La quasi-totalité de cette œuvre est perdue et si nous ne possédions pas les textes de nombreux autres auteurs anciens qui, à divers titres, eurent l'occasion de rapporter, de paraphraser, de discuter ses œuvres, une part importante de son système nous serait inconnue. Outre un certain […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epicure/#i_31391

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Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « LETTRES, Épicure - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lettres-epicure/