TRINH LES

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À partir de 1620, la célèbre dynastie vietnamienne Lê n'exerçant plus aucune autorité réelle, le Vietnam se scinde : au nord, la dynastie des Trinh ; au sud, la dynastie des Nguyen.

Les Trinh vont agrandir leur territoire, repoussant les frontières de l'État du Nord en deçà des différents royaumes lao du Mékong. Dès 1599, Trinh-Tung se fait nommer généralissime de l'armée des Lê, « administrateur supérieur de l'État du Nord » et « prince de la paix » ; l'empereur de la dynastie Lê perdra peu à peu tout pouvoir et, bientôt, la maison des Trinh gouvernera seule, s'assurant les postes clefs de l'Empire. Au début de leur règne, les Trinh étaient en guerre contre les seigneuries Mac et Nguyen : Trinh-Tac réorganisera l'armée, créant cinq régions militaires placées sous un commandement central. L'armée des Trinh était composée de plus de cent mille hommes et possédait cinq cents éléphants et cinq cents galères pourvues chacune de trois canons.

Les Trinh promulguèrent un ensemble de lois et créèrent différents impôts : gabelles, impôts sur le riz. Afin d'assurer une meilleure répartition des taxes, Trinh-Cuong ordonna l'élaboration d'un cadastre ; en plus de l'impôt foncier, les douanes fournissaient à l'Empire des revenus non négligeables : au xviie siècle, le Vietnam est en effet un lieu de trafic très important. La capitale des Trinh était Thang-long, Phô-men étant principalement une ville commerçante. Des mines d'or, d'étain, de cuivre et d'argent étaient exploitées dans les provinces de Tuyen-quang, de Hung-hoa, de Thay-nguyen et de Lang-son.

Les Trinh entretinrent de bonnes relations avec la Chine pendant près d'un siècle, notamment avec la dynastie mandchoue qui avait à sa tête Kangxi. Au xviiie siècle, la paysannerie, écrasée par les impôts et par une bureaucratie de mandarins corrompus, se révolte, malgré une tentative de réforme agraire en 1711. La grande révolte de 1739, partie du delta du fleuve Rouge, s'étend rapidement au sud-est et fait rage pendant dix ans avec, à sa tête, Nguyen-Hun-Câu, « grand général protecteur du peuple ». Le soulèvement populaire devait s'amplifier et connaître son apogée lors de la jacquerie des Tay-Son : en 1786, le chef des insurgés fait son entrée dans la capitale, mettant fin au règne des Trinh.

—  Yvan BARBÉ

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Yvan BARBÉ, « TRINH LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-trinh/