LES TOMBEAUX, Ugo FoscoloFiche de lecture

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Une poésie sépulcrale

Le romantisme italien ne connaît pas les mêmes remous que ceux qui bouleversèrent la France et l'Angleterre ; tous se passe par lente assimilation, par résolution discrète de tendances. Ainsi, Foscolo va transformer l'héritage de la poésie sépulcrale anglaise de Thomas Gray (Élégie écrite dans un cimetière de campagne, 1751) et d'Edward Young (Nuits, 1745). Imprimant au déroulement du texte la philosophie de l'histoire inspirée de Giambattista Vico (Principes de la philosophie de l'histoire, 1725), il reprend le mythe du « poème primitif » et des conquêtes solitaires d'Alfieri pour composer Les Tombeaux, fruit de convergences et cependant œuvre d'une grande originalité. La forme de l'élégie sépulcrale dans le goût anglais exploite largement la méditation, thème préromantique majeur, où le chant devient vision calme et tranquille, grâce à l'évocation d'une nature dont la présence amie joue le rôle d'intercesseur.

Foscolo fait paraître son poème en écho à la publication par Napoléon de l'édit de Saint-Cloud réglementant les sépultures. Dès le début du texte dédié au poète préromantique Ippolito Pindemonte, les cyprès préfigurent un étrange repos. Tout est d'abord orienté vers la vanité matérielle de ce monde dont le tombeau est l'emblème. Puis se dégage de cette première visée sensualiste une nécessité qui n'a rien d'accablant : les tombes signifient l'amour des vivants pour les morts. Plus encore, la dalle sépulcrale donne à d'illustres noms une éternité, et surtout une valeur d'exemple : contempler les sépultures de grands prédécesseurs incite à défendre son pays, à combattre pour que la patrie ressuscite : « Et moi que le temps et le désir d'honneur/ Font aller, fugitif, parmi tant de peuples,/ Que les Muses, animatrices de la pensée/ Des mortels, m'appellent à évoquer les héros ! » Le temps et la [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de la philosophie, critique littéraire à Études, poète et traducteur

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FOSCOLO UGO (1778-1827)

  • Écrit par 
  • Claude MINOT
  •  • 778 mots

Né d'une mère grecque et d'un père italien, Ugo Foscolo se déclare vénitien de cœur. À Venise, il fréquente les milieux intellectuels, éprouve ses premières émotions sentimentales. De 1796 à 1806, il se bat pour la « liberté » : enthousiasmé par les idées démocratiques, il écrit une Ode à Bonaparte libérateur et milite dans l'armée républicaine ; déçu par le traité de Campoformio qui livre Venis […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Claude-Henry du BORD, « LES TOMBEAUX, Ugo Foscolo - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-tombeaux/