GUARDI LES

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Francesco, un peintre de paysages

Les origines de ce dernier poète de la Venise du xviiie siècle que fut Francesco Guardi (Venise 1712-1793) ont été rattachées par la critique la plus récente au style capricieux des paysages de Michele Marieschi. Certaines vues de Venise, en effet, qui reproduisent exactement les estampes de Marieschi (Philadelphie, Johnson collection ; Baltimore, Museum of Art ; Londres, National Gallery) sont attribuées à Francesco Guardi à ses débuts. Leur date doit être très proche de celle des estampes, peut-être avant 1750. L'effet dramatique des cieux où les nuages sont violemment poussés par le vent, les premiers plans brusquement illuminés de lumières rasantes, les petites figures tourmentées qui bondissent dans une sorte de danse macabre inspirée de Magnasco font penser de très près aux premières œuvres authentifiées de Grancesco Guardi qui sont postérieures de dix ans, comme la Vue de Saint-Jean-et-Saint-Paul du Louvre, ou les paysages de Waddesdon Manor, Aylesbury.

La Place Saint-Marc, F. Guardi

Photographie : La Place Saint-Marc, F. Guardi

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Francesco Guardi (1712-1793), La Place Saint-Marc, vers 1775-1780. Musée d'Édimbourg, Grande-Bretagne. 

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Les toiles exécutées dans le style de Marieschi sont, de toute évidence, l'œuvre d'un débutant qui trouve ses réussites les plus heureuses dans les ciels et dans les petites figurines. Il est probable que, vers 1750, Francesco Guardi était encore lié à l'atelier de son frère Gian Antonio. C'est ce qui apparaît, par exemple, dans les petits retables de Sarasota (1747) ou dans l'Art de Coroneri (Venise, Cà Rezzonico) daté de 1750. La mort de Marieschi, en 1743, et le séjour d'Antonio Canaletto en Angleterre, jusqu'en 1756, poussèrent Francesco Guardi à abandonner son activité de peintre de figures et contribuèrent sans aucun doute à l'orienter vers le nouveau genre de peinture. De toute manière, il n'a jamais réussi à se rendre complètement maître du vocabulaire des peintres décoratifs qu'étaient son beau-frère Giambattista Tiepolo ou son frère Gian Antonio et qu'il avait été lui-même. Les rares tableaux à figures qu'il réalisa plus tard en sont la preuve, comme par exemple Le Mir [...]


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La Place Saint-Marc, F. Guardi

La Place Saint-Marc, F. Guardi
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Venise, la pointe de la Dogana avec Santa Maria della Salute, F. Guardi

Venise, la pointe de la Dogana avec Santa Maria della Salute, F. Guardi
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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art moderne, faculté des Belles-Lettres, université de Venise

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RICCI MARCO (1676-1729)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 250 mots

Parallèlement aux « védutistes » du xviii e siècle, Marco Ricci, neveu de Sebastiano, donne son autonomie au paysage vénitien. Il trouve une source d'inspiration à Venise, dans l'œuvre de Titien et dans les gravures de Campagnola, mais surtout hors de Venise, chez Micco Spadaro, Salvator Rosa et même Claude Lorrain. Magnasco lui fait entrevoir les ressources des profondeurs ténébreuses, sillonnée […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Terisio PIGNATTI, « GUARDI LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-guardi/