LES FOURBERIES DE SCAPIN, MolièreFiche de lecture

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Une histoire vieille comme le théâtre

Entre-temps, les scènes canoniques ont eu lieu : la scène du senex iratus (quand le père en colère apprend et constate la dépense) ; la scène de l'adulescens lacrimans (le jeune homme s'inquiète, devant le servus, de la colère paternelle) ; la scène du servus cogitans (le serviteur réfléchit au stratagème pendant que l'adulescens lacrimans le presse de trouver une solution) ; la scène du servus currens (le servus entre, ne voit rien, n'entend rien, et renverse tout sur son passage y compris le senex) ; le quiproquo ; enfin les scènes finales, avant le banquet harmonieux.

Comme il est commun au xviie siècle, Molière s'empare d'une pièce de référence, le Phormion de Térence (auteur qu'il révère), pour écrire sa pièce. Mais, au lieu de sept personnages principaux, il en introduit huit, pour la symétrie : deux vieillards (Argante et Géronte), deux couples d'amoureux (Octave et Hyacinte, Léandre et Zerbinette), deux valets enfin (l'un soumis, Silvestre, l'autre presque affranchi et capable de tout). Scapin ajoute à cette structure des jeux de scène italiens (les lazzi) et des fourberies bien françaises : le sac venu de Tabarin, les escroqueries multiples héritées de l'Antiquité et du Moyen Âge, sans compter le célèbre « Qu'allait-il faire dans cette galère ! » Classiquement, nous sommes donc passés de l'âge d'or d'avant la comédie à la crise domestique opposant les jeunes gens et les vieux, et de la crise à une nouvelle harmonie où le monde est enfin stabilisé pour qu'un nouvel âge d'or existe, une fois les jeunes filles reconnues pour ce qu'elles étaient vraiment : Zerbinette, comme la fille d'Argante, et Hyacinte, comme celle de Géronte. Le double mariage peut avoir lieu.

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire et d'esthétique du théâtre à l'université de Paris-X-Nanterre

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«  LES FOURBERIES DE SCAPIN, Molière  » est également traité dans :

LES FOURBERIES DE SCAPIN (mise en scène J.-L. Benoit)

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 1 349 mots

« Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe, /Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope. » (Boileau, Art poétique). On a souvent tort de s'en remettre aveuglément à Boileau en matière de comédie. Son jugement sur Les Fourberies a une fois pour toutes instal […] Lire la suite

Pour citer l’article

Christian BIET, « LES FOURBERIES DE SCAPIN, Molière - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-fourberies-de-scapin-moliere/