LES ENFANTS TERRIBLES, Jean CocteauFiche de lecture

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Amours tragiques

Roman de l'adolescence, plus précisément de l'âge ingrat, Les Enfants terribles mettent en scène trois personnages de garçons, Gérard, Paul et Dargelos, figure de chef de bande, liés les uns aux autres, comme dans l'Andromaque de Racine, par un amour circulaire (Gérard aime Paul qui aime Dargelos), et deux figures de « filles » : Élizabeth, la sœur de Paul, et Agathe, une amie d'Élisabeth.

Le récit s'ouvre sur la scène, célèbre par sa violente charge poétique, qui, dans la cour du collège, voit Paul recevoir en plein cœur une boule de neige lancée par Dargelos : « Un coup le frappe en pleine poitrine. Un coup sombre. Un coup de poing de marbre. Un coup de poing de statue. Sa tête se vide. Il devine Dargelos sur une espèce d'estrade, le bras retombé, stupide, dans un éclairage surnaturel. »

Gérard transporte Paul chez lui où le soigne Élizabeth. À la suite du décès de leur mère un oncle recueille Paul et Élizabeth et les emmène avec Dargelos au bord de la mer. Ensuite, livrés à eux-mêmes, ils vivent reclus dans une chambre de leur appartement parisien. Là, l'usage de l'opium, la promiscuité incestueuse du frère et de la sœur, le dérèglement des rêves les transportent et les enferment dans l'absolu et la folie intraitable de leur âge, marqué par la révolte.

Trois ans s'écoulent, et après la brève tentative matrimoniale d'Élizabeth avec un coureur automobile qui se tue accidentellement, le trio infernal se reforme, rejoint par Agathe. Mais Élizabeth, soucieuse de conserver son ascendant sur son frère, ment à ce dernier, qui aime Agathe, en lui faisant croire que celle-ci aime Gérard, et en persuadant Gérard qu'il est aimé d'Agathe. D'où l'installation tragique d'une symétrie trompeuse qui oppose le couple bourgeois Gérard-Agathe au duo incestueux Paul-Élizabeth.

L'ange damné Dargelos reparaît, apportant cette fois-ci non pas une boule de neige mais une boule de poison que Paul finit par avaler et dont il meurt, cependant qu'Élizabeth se suicide.

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COCTEAU JEAN (1889-1963)

  • Écrit par 
  • Christian DOUMET
  •  • 2 382 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La passion du spectacle »  : […] À travers l'écriture, à travers le dessin, à travers la musique, ce qui porte Cocteau, c'est une attirance irrépressible pour le spectacle. Sa prose est images ; ses images fondent un langage et sa langue est musicale. Tout l'amenait naturellement au théâtre, et plus tard, au cinéma. Après la mort de Radiguet, en 1923, s'ouvre, avec Roméo et Julie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-cocteau/#i_24984

Pour citer l’article

Alain CLERVAL, « LES ENFANTS TERRIBLES, Jean Cocteau - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-enfants-terribles/