LÉONARD DE VINCI (exposition)

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Profondeur de la surface

La beauté des œuvres de Léonard le fait considérer à juste titre comme un génie. Mais un génie, même absolu, ne tombe pas du ciel, et la présence de l’admirable bronze d’Andrea del Verrocchio, L’Incrédulité de saint Thomas, créée pour l’église d’Or San Michele (Florence), rappelle le passage de Léonard dans l’atelier de cette personnalité majeure de la création en Toscane. Né en 1452, Léonard y entre autour de 1464-1465 et y passe des années essentielles, durant lesquelles il s’imprègne de la tradition plastique et graphique de la création artistique à Florence. Les études de draperies, peintes sur toile de lin, que réalise Léonard, merveilleux camaïeux principalement dans les nuances de gris et vivant de rehauts de blanc, montrent le parti qu’il sait tirer de son travail auprès de Verrocchio, son aptitude à faire un chef-d’œuvre d’une simple étude, et enfin qu’il est, fondamentalement, un peintre.

Draperie pour une figure assise, Léonard de Vinci

Photographie : Draperie pour une figure assise, Léonard de Vinci

Cette œuvre – dite draperie Saint-Morys – constitue la pièce maîtresse des seize études réalisées par Léonard de Vinci dans les années 1470 sur le thème de la draperie. Si l'on y retrouve les traits caractéristiques de la représentation du mouvement des plis, elle se distingue... 

Crédits : Michel Urtado/ Musée du Louvre/ RMN-Grand Palais

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Oui, Léonard est un génie universel, et les milliers de pages recouvertes de notes d’une extrême densité et d’un nombre fabuleux de dessins confirment son intérêt constant pour la connaissance la plus concrète de tous les aspects de l’univers physique : la botanique, la géologie, la zoologie, l’architecture, les mathématiques, l’optique, l’astronomie, la géométrie, la mécanique des fluides, l’anatomie humaine et la physiologie… Rien n’échappe à sa curiosité passionnée et jamais superficielle. Mais ce génie est peintre, et sait exprimer en une œuvre en deux dimensions toute la variété du monde. Après les années florentines, c’est sans doute le séjour à Milan qui l’enrichit par l’ouverture à l’expression des phénomènes naturels de la lumière, du clair-obscur, de la perspective aérienne, dont nous voyons la maîtrise totale dans les tableaux du Louvre. Sa démarche est une quête de l’universel, mais elle ne le conduit pas à la dispersion : il sait ce qu’il cherche, il possède un sens aigu de la question qu’il porte, qui est une compréhension du monde des formes. Les premières études de draperies sont déjà la marque de ce que l’on pourrait appeler la profondeur de la surface. La forme et la matière immédiatement visibles irradient de la densité de la vie qu’elles recouvrent. La double démarche de Léonard est celle d’un homme pour lequel le regard, l’attention visuelle aux choses, et la spéculation, dans le plus haut sens de ce terme, se nourrissent l’une de l’autre. Il nous bouleverse parce qu’il a su penser le visible.

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Christian HECK, « LÉONARD DE VINCI (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/leonard-de-vinci-exposition/