LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM

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Vers les monades

Dynamique et métaphysique

En définissant dans sa jeunesse la substance comme « un être qui agit », Leibniz annonçait déjà la manière dont il allait enrichir la détermination logique de la substance par une détermination dynamique : la substance agissante, contenant ses actions futures sous forme de virtualités, ne pouvait être en effet suffisamment définie par un concept logique. Leibniz tend à incorporer la dimension logique dans un réel qui est toujours dans un état de passage. Dans cette perspective, une substance n'est pas seulement un objet de connaissance parfaite pour Dieu. C'est aussi un sujet opérant à partir de sa puissance d'agir, un agent métaphysique qui perçoit, aspire au développement de ses virtualités, et exprime un point de vue irréductible, au carrefour des relations qui le constituent. Seuls les êtres abstraits ne relèvent que du principe d'identité et de non-contradiction.

À la connexion implicative sujet-prédicat qui caractérise les existants (« involutive » ou virtuelle) correspond un mode d'engendrement des actions et des événements par une substance singulière qui, à travers ses perceptions et ses appétitions, exprime ses connexions avec tous les autres sujets du même monde : chaque corps est affecté par tous les autres et les affecte en retour. C'est ce que que Leibniz appelle entr'expression. Infiniment complexes, les existants relèvent du principe de raison suffisante, qui désigne une volonté du meilleur active dans le choix d'un monde. Cela explique que, pour les intelligences non intuitives que sont les esprits finis, les événements soient imprévisibles. Seule l'intelligence infinie appelée Dieu peut embrasser d'une seule vue l'infini des connexions qui entrent dans chaque action d'un sujet singulier, et y déceler sa marque propre en saisissant une différence intrinsèque entre ce sujet et un autre.

Mais Dieu ne peut faire que les incommensurables soient commensurables, ni que les vérités de fait, dont l'analyse est infinie, reviennent à une identité. En passant de la logique à [...]


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G.W. Leibniz

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Candide ou l'optimisme, de Voltaire

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  • : professeure des Universités, professeure de philosophie à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

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Pour citer l’article

Martine DE GAUDEMAR, « LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/leibniz-g-w/