LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Sartre et Nizan s'amusaient à dessiner une monade au bain. Mais une monade peut-elle prendre un bain ? On dirait aujourd'hui : oui ! Car il n'est pas de monades sans organes. Les concepts de G. W. Leibniz, parfois étranges, demandent une grande attention aux textes et à leurs contextes. C'est sans doute pourquoi son œuvre connut une étrange destinée. Ce philosophe baroque, à la fois très connu et méconnu, est fondamentalement peu lu. Il est encore moins replacé dans le siècle de Louis XIV (1638-1715) avec son contexte européen fait de controverses scientifiques, philosophiques et politiques dont Leibniz fut une sorte de plaque tournante. Pourtant, la phénoménologie en a fait le précurseur de l'intentionnalité, tandis que la philosophie analytique salue en lui le logicien de génie, précurseur de Boole, fondateur de la logique mathématique. On admire en Leibniz, depuis Fontenelle jusqu'à Lévi-Strauss et Deleuze, le penseur universel conjuguant les disciplines, le génie rationnel et multiforme cherchant à concilier la raison avec les faits et les dogmes, l'inventeur de concepts mathématiques et métaphysiques, le philosophe du progrès des arts et des sciences en vue du bonheur du genre humain. On voit en lui le précurseur des Lumières, de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, de la logique formelle, de la cybernétique, ou du structuralisme.

La recherche leibnizienne a beaucoup progressé depuis un siècle grâce à l'édition de textes encore largement inconnus des grands commentaires du début du xxe siècle (Russel, Cassirer, Couturat). Penseur systématique, Leibniz n'est pourtant pas l'auteur d'un « système » à la manière de l'Éthique de Spinoza. On ne trouvera pas chez lui de propositions premières dont on pourrait déduire une doctrine d'ensemble. Leibniz, penseur du dét [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Médias de l’article

G.W. Leibniz

G.W. Leibniz
Crédits : Photos.com/ Jupiterimages

photographie

Candide ou l'optimisme, de Voltaire

Candide ou l'optimisme, de Voltaire
Crédits : De Agostini Picture Library/ Getty Images

photographie

Afficher les 2 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeure des Universités, professeure de philosophie à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

Classification

Autres références

«  LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM (1646-1716)  » est également traité dans :

LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 242 mots

1er juillet 1646 Naissance de Gottfried Wilhelm Leibniz à Leipzig.1663 Il est reçu bachelier ès arts sur une dissertation sur le principe d’individuation.1666 Il obtient le grade de docteur en droit à l’université d’Altdorf et publie un […] Lire la suite

LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM, en bref

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 175 mots
  •  • 1 média

Travailleur infatigable, esprit encyclopédique, G. W. Leibniz aura exercé son incomparable intelligence dans tous les domaines. Paradoxalement, il aura laissé peu de livres, alors qu'il écrivit beaucoup. Directement ou non, il croisa le fer avec tous les grands esprits de son temps (Descartes, Malebranche, Arnauld, […] Lire la suite

LEIBNIZ : CALCUL DIFFÉRENTIEL

  • Écrit par 
  • Bernard PIRE
  •  • 214 mots
  •  • 1 média

Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) publie en 1684 les détails de son calcul différentiel dans son traité Nova methodus pro maximis et minimis, itemque tangentibus. Il y reprend ses découvertes antérieures. Il avait introduit la notation moderne d'une intégrale dès 1675, calculé les dérivées des fonctions usuelles en 1 […] Lire la suite

MONADOLOGIE, Gottfried Wilhelm Leibniz - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 843 mots
  •  • 1 média

G. W. Leibniz (1646-1716) n'a publié de son vivant qu'un seul ouvrage d'importance, la Théodicée (1710). La mort de Locke, en 1704, le dissuada de publier les Nouveaux Essais, en réponse à l'Essai sur l'entendement humain du philosophe anglais. Renommé dans toute l'Europe pour ses multiples interventions dans les débats savants, politique […] Lire la suite

ABSOLU

  • Écrit par 
  • Claude BRUAIRE
  •  • 4 206 mots

Dans le chapitre « Leibniz »  : […] La difficulté demeure ici celle des individus, comme tels. Si l'on refuse de les résoudre dans l'apparence illusoire, il faut montrer que le système absolu, l'absolu comme système, loin de les résorber, leur confère l'être, puisqu'il est posé comme l'unique mesure de ce qui est. Le génie de Leibniz s'y est employé. Chaque être, explique-t-il, est sa détermination propre, intrinsèque, mais puisque […] Lire la suite

AFFECTIVITÉ

  • Écrit par 
  • Marc RICHIR
  •  • 12 253 mots

Dans le chapitre « Affectivité et passions dans la tradition classique »  : […] Sans pouvoir entrer ici dans l'extrême complexité et la richesse immense de l'expérience grecque de l'affectivité et des passions – notamment dans la littérature tragique –, il est néanmoins possible de placer quelques repères significatifs chez les philosophes. « Le Grec, écrit E. R. Dodds, a toujours vu dans l'expérience d'une passion une chose mystérieuse et effrayante, l'expérience d'une forc […] Lire la suite

ARITHMOMÈTRE DE THOMAS DE COLMAR

  • Écrit par 
  • Valéry MONNIER
  •  • 1 101 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Principe et fonctionnement de l'arithmomètre  »  : […] L’arithmomètre utilise le principe du cylindre cannelé inventé par Gottfried Wilhelm Leibniz en 1672. Chaque cylindre possède sur sa circonférence neuf dents de longueur croissante (pour les chiffres de 1 à 9 ; absence de dent pour le chiffre 0). Lorsque l’opérateur inscrit un nombre à l’aide de curseurs disposés sur la platine inférieure, des pignons vont venir se positionner de manière précise […] Lire la suite

ART (Aspects esthétiques) - Le beau

  • Écrit par 
  • Yves MICHAUD
  •  • 5 570 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « L'esthétique, une philosophie de l'art »  : […] Le terme est introduit par le philosophe allemand A. G. Baumgarten (1714-1762), dans ses Meditationes Philosophicae de nonnullis ad poema pertinentibus (1735). Il distingue entre des noeta , des choses pensées, à connaître par une faculté supérieure et relevant de la logique, et des aistheta , des choses senties, objets d'une science ( épistemè ) esthétique ( aisthetika ). Au premier paragraphe d […] Lire la suite

BELAVAL YVON (1908-1988)

  • Écrit par 
  • Michel FICHANT
  •  • 1 982 mots

Yvon Belaval exerce plusieurs métiers (marin, contrôleur des douanes) avant d'être reçu, en 1941, à l'agrégation de philosophie. Professeur au lycée du Mans, puis au lycée Lakanal, il est ensuite détaché au C.N.R.S. (1951-1955) ; chargé de cours, puis maître de conférences aux facultés des lettres de Strasbourg et de Lille, il devient professeur après la soutenance de sa thèse (1960) et est nommé […] Lire la suite

BERNOULLI LES

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 1 243 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Jacques Bernoulli »  : […] Poussé par son père, Jacques Bernoulli (1654-1705) étudie d'abord la théologie, mais il se rebelle vite contre elle et s'intéresse alors à la physique et aux mathématiques ; sa devise «  Invito sidera verso  » (« J'étudie les étoiles contre la volonté de mon père ») rappelle avec ironie ces dispositions contrariées. En 1687, il devint professeur à l'université de Bâle où il enseigna jusqu'à sa mo […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Martine DE GAUDEMAR, « LEIBNIZ GOTTFRIED WILHELM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 31 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/leibniz-g-w/