LE NEVEU DE RAMEAU, Denis DiderotFiche de lecture

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Un dialogue mordant

« Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal. C'est moi qu'on voit, toujours seul, rêvant sur le banc d'Argenson. Je m'entretiens avec moi-même de politique, d'amour, de goût ou de philosophie. J'abandonne mon esprit à tout son libertinage. » Tel est le décor de la rencontre du Philosophe lui-même (« Moi ») et d'un personnage haut en couleur (« Lui »), neveu du célèbre musicien Rameau, touche-à-tout, parasite et bohème, grand amateur de paradoxes. Ensemble, ils débattent du Beau et du Bien. Le neveu raconte sa vie pour justifier son cynisme, mais il continue à croire aux valeurs du Beau. Il décrit le salon du financier Bertin et de la comédienne Mlle Hus, et brosse un portrait satirique des artistes et hommes de lettres qu'ils entretiennent. Le ton y est à la flagornerie et à la critique des encyclopédistes. Le Philosophe s'amuse de tant de bassesse, mais s'indigne de la dérive de son interlocuteur qui considère les choses morales d'un point de vue esthétique. Un crime particulièrement crapuleux devient un beau spectacle. La question se pose alors du dialogue lui-même, et de la possibilité d'un échange intellectuel sans un minimum de valeurs communes. L'œuvre s'achève par une pirouette. Indifférent aux admonestations de Moi, c'est-à-dire du Philosophe, Lui, le Neveu de Rameau, s'échappe, en raillant : « Rira bien qui rira le dernier. »

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Écrit par :

  • : professeur de littérature française à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Michel DELON, « LE NEVEU DE RAMEAU, Denis Diderot - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-neveu-de-rameau/