LE MALADE IMAGINAIRE, MolièreFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

De la comédie médicale à la comédie familiale

À sa création, le prologue sur lequel s’ouvrait le rideau consistait en une succession de tableaux champêtres chantés et dansés, mettant en scène bergers et bergères de convention dans le style, très apprécié à l’époque, de la pastorale. Sans relation directe avec l’intrigue à venir, ce préambule se voulait avant tout un divertissement de cour ainsi que le prétexte d’un hommage appuyé au roi. Par la suite, Lully s’étant assuré le monopole des spectacles incluant plus de deux chanteurs et six violons, il sera remplacé par le simple monologue d’une bergère se plaignant des médecins incapables de « trouver un remède pour soulager les peines qu’elle endure », qui introduit cette fois véritablement la comédie.

L’acte I expose l’intrigue, ou plutôt les intrigues : on y apprend successivement qu’Argan, qui se croit malade, consacre des sommes considérables à sa santé, et qu’il a décidé de marier sa fille Angélique non au jeune homme qu’elle aime, Cléante, mais à Thomas Diafoirus, fils de médecin et futur médecin lui-même. Face à ce dessein, deux camps se forment : du côté des opposants à ce mariage, Angélique et Cléante, aidés de Toinette, la servante, et de Béralde, frère d’Argan ; du côté des partisans, Argan, les Diafoirus père et fils, et Béline, seconde femme d’Argan, qui compte bien détourner à son profit la fortune de son mari. Toinette décide de faire prévenir Cléante de ce qui se trame par l’entremise de son amant, Polichinelle.

Celui-ci est au centre du premier intermède, ainsi résumé : « Polichinelle, dans la nuit, vient pour donner une sérénade à sa maîtresse. Il est interrompu d’abord par des violons, contre lesquels il se met en colère, et ensuite par le Guet, composé de musiciens et de danseurs ».

L’acte II voit l’affrontement des deux camps. Cléante se fait passer auprès d’Argan pour le remplaçant du maître de chant d’Angélique. En sa présence et celle de Toinette, Argan organise la rencontre entre sa fille et les Diafoirus père et fils. Désireux de mettre en avant les talents d’Angélique, il demande à Cléante de lui donner une leçon de chant, qui se transforme en un duo d’amour clandestin aux allusions transparentes. Suivent deux scènes d’opposition frontale entre Angélique et son père, puis entre Angélique et Béline. Informé par celle-ci, Argan fait violemment avouer à sa fille cadette, Louison, la vérité sur le pseudo-maître à chanter et la véritable nature de ses relations avec Angélique. Celle-ci semble condamnée au mariage ou au couvent.

Le deuxième intermède est ainsi présenté : « Le frère du Malade imaginaire lui amène, pour le divertir, plusieurs Égyptiens et Égyptiennes, vêtus en Mores, qui font des danses entremêlées de chansons ».

L’acte III est celui de la résolution des conflits. Béralde, le frère d’Argan, tente de convaincre celui-ci qu’il est la proie crédule de médecins qui l’exploitent. Sous sa pression, Argan congédie à regret M. Fleurant, l’apothicaire. Furieux, le médecin d’Argan, M. Purgon, refuse désormais de le soigner et renonce à la donation qu’il devait faire à l’occasion du mariage d’Angélique avec Thomas Diafoirus. Entre alors Toinette, déguisée en médecin, qui fait subir à son maître un prétendu examen aux accents délirants. Celui-ci décide d’envoyer sa fille au couvent, malgré les remontrances de Béralde qui lui reproche de sacrifier sa fille aux intérêts de sa femme. Toinette met alors au point un stratagème : feignant de défendre Béline, elle suggère à Argan de se faire passer pour mort afin de démontrer à son frère qu’il se trompe. L’artifice révèle l’imposture de Béline et la sincérité d’Angélique. Argan, dessillé, consent au mariage de sa fille avec Cléante à condition que celui-ci devienne médecin, ce qu’il accepte. Mais Béralde suggère à son frère un autre voie : qu’il se fasse lui-même médecin.

Le dernier intermède clôt la pièce sur la cérémonie burlesque d’intronisation d’Argan par une cohorte de docteurs et d’apothicaires chantants et dansants.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  LE MALADE IMAGINAIRE, Molière  » est également traité dans :

CHRISTIE WILLIAM (1944- )

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 2 344 mots

Dans le chapitre « Du miracle d'« Atys » à Mozart »  : […] William Lincoln Christie naît à Buffalo (État de New York) le 19 décembre 1944. Sa formation musicale, commencée auprès de sa mère, comprend l'étude des instruments à clavier (piano, avec Laura Kelzy, orgue, auprès de Reed Jerome, clavecin, avec Igor Kipnis, au Berkshire Music Center de Tanglewood) ; elle est couronnée par un diplôme d'histoire de l'art obtenu en 1966 à l'université Harvard. Il a […] Lire la suite

FRANÇAISE LITTÉRATURE, XVIIe s.

  • Écrit par 
  • Patrick DANDREY
  •  • 7 323 mots

Dans le chapitre « La comédie »  : […] Entre-temps, la comédie a opéré dans la hiérarchie des jugements poétiques une ascension considérable, au point de rivaliser en considération avec le genre tragique. Corneille et Rotrou avaient d’abord tiré de la comédie d’intrigue romanesque et de registre galant, dans le sillage de la commedia erudita italienne, un miroir flatteur et enjoué de la vie à l’âge des amours et des peines de cœur po […] Lire la suite

PULCINELLA

  • Écrit par 
  • Valeria TASCA
  •  • 942 mots

Pulcinella est l'un des types de la commedia dell'arte. Apparu au xvii e siècle dans le théâtre napolitain, il devint bientôt célèbre en Europe et se maintint dans le théâtre populaire jusqu'à la fin du xix e siècle. On a cherché depuis le xviii e siècle à conférer des lettres de noblesse à la comédie italienne en la faisant dériver du théâtre latin. Il est impossible aujourd'hui d'admettre ces […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Guy BELZANE, « LE MALADE IMAGINAIRE, Molière - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/le-malade-imaginaire/