LE JEU DES OMBRES (mise en scène J. Bellorini)

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Sur les traces d’Orphée

Le livre des Métamorphoses en main, la narratrice – Hélène Patarot – ouvre ce voyage initiatique. La Messagère – Anke Engelsmann, du Berliner Ensemble – apparaît à l’avant-scène, annonçant la mort d’Eurydice mordue par un serpent le jour de ses fiançailles, puis la descente aux Enfers d’Orphée venu libérer celle qu’il aime, avant de la perdre une seconde fois. Dansante et moqueuse, la gardienne de ces lieux obscurs accueille ses invités étranges surgis du dessous des plateaux et revenant des Enfers pour jouer leurs souvenirs. Dans cette pièce polyphonique, ces figures du « drame de la vie » vont dire les raisons de leur amour existentiel à travers mots et morts – les êtres aimés dont nous sommes faits. La phrase initiale souligne cette impulsion : « Le premier instant dure toujours. »

Organique et musicale, la langue de Novarina, dialogue avec les grands airs de l’Orfeo. Les genres et les époques se mêlent, rappelant que seuls l’amour et l’art échappent à la mort. La frénésie de dire et de dénommer se plie à la loi de la métamorphose jusqu’au dernier souffle. On entre dans le jeu déterminé, énergique et rythmé de l’acteur, une matière vivante sur le plateau, avec d’un côté, la déclinaison de listes d’oiseaux et de plantes sauvages vivant sur terre (éloge de la nature et de ses réalités qui, nommées, éveillent l’imaginaire) et de l’autre, une multitude d’échanges verbaux, monologues et visions philosophiques sur l’existence.

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Véronique HOTTE, « LE JEU DES OMBRES (mise en scène J. Bellorini) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/le-jeu-des-ombres-mise-en-scene-j-bellorini/