LE JARDIN DES FINZI-CONTINI, Giorgio BassaniFiche de lecture

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Un roman-tombeau

Survivant du génocide, le narrateur du Jardin des Finzi-Contini décide, en visitant les tombeaux étrusques qu'il perçoit comme un pluriséculaire rempart contre l'oubli, d'ériger par l'écriture un monument à la mémoire d'une famille aristocratique juive anéantie. Le livre se construit autour de la figure de Micòl, la fille aux cheveux de lin qui avait naguère ébloui le garçonnet. À ses yeux d'enfant, elle et son frère Alberto appartenaient au monde inaccessible des élus, que ce soit dans le fiacre qui les amenait au lycée, sous le talèd paternel dans la synagogue ou derrière les murs du fabuleux « jardin », le grand parc de leur magna domus.

La scène où la fillette a invité le narrateur enfant à escalader le mur pour pénétrer dans le jardin, à l'insu du gardien, marque le premier temps d'une initiation sentimentale et intellectuelle ; avènement primordial qui fait basculer l'histoire dans le mythe d'un âge d'or à jamais révolu, où le temps est suspendu : « Combien d'années se sont-elles écoulées depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Toutefois, si je ferme les yeux, Micòl Finzi-Contini est encore là, appuyée sur le mur d'enceinte de son jardin qui me regarde et qui me parle. » En suivant un rituel immuable, cette grande famille, qui se tenait à distance de ses coreligionnaires, semblait vouloir se tenir à l'écart de l'Histoire, comme si elle pressentait la catastrophe à venir.

À l'idylle enfantine succède le temps des inhibitions et de la confusion des sentiments : lorsque l'adolescent se retrouve en tête à tête dans le fiacre avec celle dont il est amoureux sans le savoir clairement, il n'ose pas l'embrasser : « Pour moi aussi bien que pour elle, plus que la possession des choses comptait le souvenir que j'avais d'elles. » Cette manière délétère de cultiver le passé (« notre vice : aller de l'avant la tête tournée en arrière ») ne peut être sublimée que par une [...]

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«  LE JARDIN DES FINZI-CONTINI, Giorgio Bassani  » est également traité dans :

BASSANI GIORGIO (1916-2000)

  • Écrit par 
  • Mario FUSCO
  •  • 1 591 mots

Dans le chapitre « Une écriture du souvenir et de la nostalgie »  : […] Bassani raconte toujours au passé, parce qu'il s'attache à évoquer des êtres qui ont disparu, comme s'il était hanté par l'idée d'une disparition irrémédiable, dans l'oubli individuel et collectif. Si son registre favori est celui de la mémoire, son mode d'expression privilégié est le retour en arrière. Le flash-back, en effet, plus encore que le récit au passé, permet d'obtenir une superposition […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/giorgio-bassani/#i_24816

Pour citer l’article

Gilbert BOSETTI, « LE JARDIN DES FINZI-CONTINI, Giorgio Bassani - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-jardin-des-finzi-contini/