LE GAI SAVOIR, Friedrich NietzscheFiche de lecture

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Une science nouvelle

Gai savoir ? Gaya Scienza – die Fröhliche Wissenschaft. Nietzsche trouve la joie encore trop sérieuse. Il lui préfère la gaieté plus affirmative et bondissante, légère. Superficielle, mais « superficielle par profondeur », comme les anciens philosophes grecs. La vérité comme valeur philosophique est soupçonnée, mais la connaissance est célébrée, en ce qu'elle permet de se libérer des illusions naïves, des croyances anthropocentriques, finalistes : « Pourquoi l'homme serait-il maintenant plus méfiant et plus méchant ? – Parce que maintenant il a une science – il a besoin d'une science ! » Une science au service de la vie, critique et difficile, tentante et inquiétante, une science toujours entraînée cependant vers le dogmatisme, le besoin de fixer en formules des vérités définitives, lourdes d'un sens figé. Nietzsche cherche à formuler les principes de cette science qui ne serait plus tributaire de la croyance, qui serait enfin libre de tout « esprit sacerdotal », de tout esprit religieux. C'est pourquoi il met en avant l'essence fondamentalement artistique de la connaissance créatrice, impérieuse et impérative, destructrice de toute idole, capable de se transformer en « gai savoir ». Conjointement à cette affirmation esthétique de la connaissance, le très célèbre aphorisme 125 (L'Insensé) est porteur d'une annonce difficile à entendre : celle de la « mort de Dieu ». Le premier aphorisme du cinquième livre (no 343) lui fait écho : « Le plus important des événements récents – le fait que „Dieu soit mort“, que la foi dans le Dieu chrétien ne soit plus digne de foi – commence déjà à projeter sur l'Europe ses premières ombres. » Le fragment 341 « Le Poids le plus lourd », donne à lire l'énigmatique révélation de l'« éternel retour » qui suscita nombre de questions essentielles d'interprétations contradictoires et épineuses.


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«  LE GAI SAVOIR, Friedrich Nietzsche  » est également traité dans :

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  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
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Dans le chapitre « Science et philosophie de la vie »  : […] Dans le Gai Savoir , Nietzsche entreprend de dissiper une illusion entretenue par les positivistes et les rationalistes de tous bords. Nous pensons d'ordinaire que les progrès de la science ont repoussé les frontières de la foi, qu'en devenant plus savants nous sommes devenus moins croyants. Mais cette victoire du savoir sur la foi, de l'esprit positif sur l'esprit théologique, comme dirait Comt […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « LE GAI SAVOIR, Friedrich Nietzsche - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-gai-savoir/