LAUTRÉAMONT ISIDORE DUCASSE dit COMTE DE (1846-1870)

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Une vie lentement exhumée

Les lecteurs actuels ont bien failli ne jamais connaître l'œuvre d'Isidore Ducasse, et toute une aura de mystère continue de l'envelopper. L'auteur, puisque en l'occurrence il convient d'affirmer pleinement ce mot, nous est parvenu masqué. Mais autant les formalismes des années 1960 se félicitaient que l'on ne sût rien de sa vie, autant la fin du xxe siècle aura été attentive à cette existence livrant peu à peu ses secrets. Né à Montevideo (Uruguay) le 4 avril 1846, jour de la saint Isidore, d'émigrés français (son père était chancelier à l'ambassade, sa mère mourra l'année suivante), Ducasse vient en France en 1859 pour y poursuivre ses études, au lycée impérial de Tarbes d'abord, puis, à partir d'octobre 1863, à celui de Pau. Son tuteur, durant cette période, est Jean Dazet, avoué tarbais, dont Georges, le plus jeune des fils, sera nommé dans Les Chants de Maldoror. Tentant tour à tour le baccalauréat ès lettres (sans succès), puis le baccalauréat ès sciences (on ignore quel résultat sanctionna ce dernier examen), Ducasse rejoint, de mai à octobre 1867, son Uruguay natal. De retour en France, il loge à Paris dans un hôtel de la rue Notre-Dame-des-Victoires et fait ses estudios, études supérieures dont on ne connaît pas, à l'heure actuelle, la nature exacte. C'est alors qu'il publie à ses frais le premier des Chants de Maldoror (août 1868). Le volume complet sortira durant l'été de 1869 des presses d'Albert Lacroix, l'illustre éditeur de Hugo, Sue, Zola... Le livre, imprimé en Belgique, ne porte pas sur sa couverture la raison de l'éditeur. Comme il n'est pas mis en vente, Ducasse s'adresse à Poulet-Malassis, l'ancien éditeur des Fleurs du mal réfugié en Belgique, pour que ce dernier, qui vient de signaler les Chants dans le numéro 7 de son Bulletin des publications défendues en France imprimées à l'étranger, veuille bien se charger de leur vente en Belgique et en Suisse. Tout laisse croire que sa demande resta sans lendemain. Dans une lettre du 21 février 1870 au même correspondant, Ducasse annonce [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de lettres classiques, docteur d'État, université de Paris-III-Sorbonne nouvelle, professeur de littérature française à l'université de Nantes

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Pour citer l’article

Jean-Luc STEINMETZ, « LAUTRÉAMONT ISIDORE DUCASSE dit COMTE DE (1846-1870) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lautreamont/