NORÉN LARS (1944- )

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Fractures et blessures

À partir de 1973, Lars Norén se consacre au théâtre et débute au Dramaten de Stockholm, théâtre royal de Suède, avec Fursteslickaren (Le Lécheur de souverain), pièce d’inspiration historique située au cœur du Moyen Âge allemand et italien du xve siècle. Après de nombreuses pièces radiophoniques, qui élargissent son audience, il retrouve la scène en 1980 avec Oreste et La Force de tuer, qui connaissent un succès immédiat. Suit une trilogie, issue pour l’essentiel d’expériences autobiographiques, La Nuit est mère du jour (1982), Le Chaos est voisin de Dieu (1983), Calme (1984), dont l’écriture réaliste évoque des relations, fractures et blessures familiales souvent dramatiques. Une veine prolongée par des huis clos en milieu bourgeois avec des personnages psychologiquement fragiles, notamment Automne et hiver (1987) et Bobby Fischer vit à Pasadena (1988). De 1989 à 1995, Lars Norén écrit une douzaine d’œuvres dramatiques réunies sous l’appellation « Les pièces de la mort ». C’est si simple l’amour, Kliniken, Les feuilles tombent sur Vallombrosa, Sang, entre autres, sont autant de constats des dérives d’une société suédoise et européenne libérale qui a perdu ses fonctions sociales et citoyennes. Durant cette période, à la demande du Dramaten, il met en scène en 1992 La Danse de mort d’August Strindberg. Une première expérience qu’il renouvellera au fil du temps sur les scènes internationales.

En 1998, Lars Norén engage une nouvelle trilogie, « Morire di classe », avec Catégorie 3.1. Le titre de la pièce renvoie à l’appellation administrative attribuée aux marginaux et SDF qui peuplent le quartier Sergels torg à Stockholm. Cette fresque sociale sera également représentée au Parlement suédois et filmée pour la télévision, provoquant un choc et de nombreuses polémiques dans tout le pays. À propos de cette œuvre, Lars Norén confie : « On doit emmener le public à un point où il n’y a plus de défense ; ainsi on peut vraiment le toucher, entrer en contact avec lui, le frapper. » Viendront ensuite Les Garçons de l’om [...]


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Jean CHOLLET, « NORÉN LARS (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lars-noren/