LANGUE & PAROLE, linguistique

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Du langage à la langue

Pour Saussure, l'objet de la linguistique ne saurait être le « langage ». Pris comme un tout, il constitue une réalité à la fois physique, physiologique et psychique, qui intéresse diverses disciplines comme, par exemple, la physiologie, la psychologie, l'anthropologie, ou la philologie. Par différence avec elles, la linguistique doit s'élaborer un objet d'étude délimité et homogène : c'est la langue. Définie comme « système de signes distincts correspondant à des idées distinctes », elle constitue « un tout en soi » ; à ce titre, elle peut être étudiée indépendamment des autres éléments du langage, qui relèvent de la parole.

On a coutume de présenter la distinction entre langue et parole comme une opposition entre, d'un côté, l'essentiel (le code, système autonome partagé par tous les sujets parlants), et de l'autre, l'accessoire, plus ou moins accidentel (l'utilisation du code par des sujets parlants dans des situations particulières). En fait, Saussure conçoit les deux notions comme interdépendantes. Au plan théorique, c'est effectivement la langue qui est première. Mais au plan historique, le fait de parole précède toujours le fait de langue. Pour Saussure, la langue résulte d'une sorte de cristallisation sociale : selon lui, la pratique du circuit de la parole déposerait dans le cerveau de tous les sujets des empreintes à peu près identiques, constituées par l'association de concepts et d'images acoustiques.


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Pour citer l’article

Catherine FUCHS, « LANGUE & PAROLE, linguistique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/langue-et-parole-linguistique/