LA SOCIÉTÉ DE COUR, Norbert EliasFiche de lecture

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La structure de l'habitat et le système des dépenses

C'est en étudiant l'habitat de la noblesse d'Ancien Régime que Norbert Elias entend retrouver la structure des « relations sociales caractéristiques de la société de cour » (chapitre 1). Toute la « maison » est en effet organisée autour d'une « grande cour carrée » suivant une séparation stricte entre les « locaux destinés aux activités de service », d'une part, et les « appartements privés » et « salons de réception », d'autre part. Le fait que les salons de réception occupent la partie centrale du bâtiment permet ainsi de comprendre que la vie mondaine est au cœur de l'existence des hommes de cour, dont chaque comportement a, dès lors, « une valeur de représentation sociale ». Aussi, les dépenses de prestige ne sont pas simplement la marque d'un goût prononcé pour le luxe, mais une nécessité à laquelle nul homme de cour ne pourrait se soustraire sans déroger à son rang (chapitre 2). À l'inverse du mode de vie bourgeois, dans lequel les dépenses doivent être réglées sur les revenus, le mode de vie aristocratique impose donc d'accorder ses ressources aux exigences de son statut social.

C'est ce « système des dépenses » (comme système social de normes et de valeurs dans lequel est encastrée toute logique économique) qui détermine ce type de relations spécifiques que les hommes de cour entretiennent vis-à-vis du roi. À la menace constante d'une ruine économique, le roi peut en effet opposer sa bienveillance à travers l'offre d'une charge à la cour, une nomination militaire ou un cadeau en numéraire. Dans la mesure où la considération du roi est indispensable à la préservation de leurs revenus, les courtisans sont donc contraints par une « logique du prestige » qui fait partie intégrante du « mécanisme du pouvoir ».


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Écrit par :

  • : docteur en science politique, chargé de recherche Marie Curie, London School of Economics

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Pour citer l’article

Antonin COHEN, « LA SOCIÉTÉ DE COUR, Norbert Elias - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-societe-de-cour/