LA SCIENCE NOUVELLE, Giambattista VicoFiche de lecture

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Une philosophie de l'histoire

Alors que dans l'histoire de la nature règne l'instinct, aveugle et infaillible, dans l'histoire de l'homme c'est l'intelligence, gage d'une certaine liberté mais aussi d'erreurs et d'illusions, qui préside. Initiateur d'une « philosophie de l'histoire », Vico veut fonder une « science nouvelle ». Pour cela il va chercher, à partir d'une enquête empirique fort documentée mettant en évidence leurs différences culturelles (religions, langues, mœurs, mentalités...), les structures invariantes présidant aux évolutions non isochrones des « nations » historiquement apparues. La table chronologique divise l'histoire en trois âges, celui des dieux, des héros et des hommes, et présente un tableau qui va du déluge à la seconde guerre punique. Ce que Vico entend par « science » est plus proche de la conception d'un Bacon que de celle d'un Descartes : pour lui, la méthode dépend des objets à analyser, et l'induction est plus respectueuse des phénomènes que la déduction chère aux « géomètres ». Théorie et pratique doivent être séparées, et « c'est vouloir déraisonner avec la raison » que d'appliquer une même méthode aux deux domaines. Ce que l'on appellera bien plus tard « sciences humaines » acquiert ainsi ses premiers fondements scientifiques, même s'il faudra attendre les recherches de Dilthey pour les voir reconnues par les philosophes. Pour Vico, l'unification des savoirs, malgré le souci de cohérence, voire de systématicité « circulaire » – selon les belles analyses de son excellent traducteur en français, Alain Pons – constamment réaffirmé, ne peut se faire contre la complexité des objets à examiner.

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VICO GIAMBATTISTA (1668-1744)

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Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « LA SCIENCE NOUVELLE, Giambattista Vico - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/la-science-nouvelle/