LA RÉPUBLIQUE, PlatonFiche de lecture

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Sur la justice

La discussion s'engage avec le vieillard Céphale, puis avec son fils, le bouillant Polémarque. Qu'est-ce que la justice ? « Rendre à chacun ce qu'on lui doit » ? « Faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis » ? Une intervention brutale du sophiste Thrasymaque contraint Socrate à se demander si la justice apporte quelque avantage au juste : est-elle alors désirée pour elle-même, ou pour le bien qu'elle procure ? S'efforçant de la définir, Socrate propose de considérer non plus l'individu, mais la cité dans son ensemble (polis). Il décrit la complexité des besoins humains, la diversité des métiers qui en résulte. Juges et médecins n'apparaissent dans la vie sociale que pour soigner des troubles, qu'une bonne éducation (musique, gymnastique, poésie étroitement contrôlée) et un bon gouvernement (celui de « philosophes » gardiens de la cité) auraient évités. Le meilleur régime politique sera donc le régime des meilleurs, qu'il soit celui d'un seul (royauté) ou de plusieurs (aristocratie). Les gardiens, « comme des chiens de garde », connaîtront l'égalité entre les sexes : ainsi les femmes auront les mêmes occupations que les hommes (la gymnastique par exemple, dans la même nudité qu'eux) ; les enfants seront éduqués collectivement, les mères ne reconnaîtront pas les fils, les frères pourront épouser les sœurs... Un tel idéal est-il réalisable ? Le « philosophe » tel que l'entend Socrate fournit du moins une approximation de ce que pourrait être le « gardien » ou le roi selon ses vœux. Certes, dans les régimes existants, le « naturel philosophe » est en butte à de telles pressions (celle en particulier de l'opinion, relayée par les sophistes) qu'il se réfugie dans la solitude. Ce naturel est exigeant : il ne se satisfait pas des apparences.

Au livre VII, Socrate expose le mythe de la caverne (514a-517a) : des hommes qui n'auraient connu que l'obscurité, et les ombres projetées sur la paroi de leur grotte, ne supporteraient pas la lumière si d'aventure on brisait leurs liens ; elle les éblouirait au point de les emp [...]



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Pour citer l’article

François TRÉMOLIÈRES, « LA RÉPUBLIQUE, Platon - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-republique/