LA PERSÉCUTION ET L'ASSASSINAT DE JEAN-PAUL MARAT, Peter WeissFiche de lecture

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La rencontre de l'histoire et de la littérature

L'action se déroule en juillet 1808, dans la salle des bains de l'hospice de Charenton, où le marquis de Sade met en scène avec des fous ou des détenus politiques l'assassinat de Marat en 1793. Un annonceur présente les différents protagonistes : Marat est joué par un paranoïaque, Charlotte Corday souffre de léthargie chronique et de dépression, Duperret est un girondin dépravé, érotomane, Jacques Roux, le prêtre défroqué, un extrémiste socialiste auquel on a passé la camisole de force. Les autres malades tiennent rôle de figuration ou de chœur. Quant au marquis de Sade, l'auteur du texte, il est un représentant de l'Ancien Régime qui a sympathisé un temps avec la Révolution : « Considérons enfin ce monsieur assez gras/ qui réside en ces lieux depuis cinq ans déjà/ Auréolé d'une gloire infamante/ objet de mille épreuves et de persécutions/ voici Monsieur de Sade ci-devant marquis. » Quatre chanteurs de foire et des musiciens accompagnent l'action.

Jacques Roux et les chanteurs font l'éloge de la Révolution, ce qui provoque aussitôt de l'agitation parmi les malades. Coulmier, le directeur de l'hospice, doit intervenir avec les religieuses et les infirmiers. Il semble que la pièce puisse alors commencer (Charlotte Corday rend une première visite à Marat, couché dans sa baignoire). Mais l'action annoncée dans le titre n'est que prétexte à une succession de tableaux, parmi lesquels les discussions entre Marat et Sade sont prépondérantes. Sade ne croit pas aux efforts des hommes pour modifier positivement le cours de l'histoire. Il s'est détourné de la Révolution, persuadé que « dans la nature le faible est à la merci du plus fort », et il donne corps à son aspiration à la liberté dans la réalisation de ses fantasmes. Marat veut pousser plus avant une Révolution qui n'a servi jusqu'ici que « les boutiquiers et les commerçants » ; il entend abolir la société de classes et, par la guillotine, supprimer ceux qui font obstacle aux valeurs qu'il donne à l'histoire. Ce qui rapproche les deux hommes est que, pour l'un comme pour l [...]

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Écrit par :

  • : professeur au département des arts du spectacle à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-la Défense, traducteur, dramaturge

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WEISS PETER (1916-1982)

  • Écrit par 
  • Philippe IVERNEL
  •  • 1 883 mots

Le nom de Peter Weiss , écrivain germano-suédois, reste attaché à son théâtre documentaire. Ce dernier, d'inspiration marxiste, dérive en partie de l'expérimentalisme des années 1920 ; il connut son heure vers la fin des années 1960 en République fédérale d'Allemagne, à côté des tentatives parallèles d'un Kipphardt ou d'un Hochhuth. Sa force s'alimente à sa fragilité même : la prise de parti à laq […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Louis BESSON, « LA PERSÉCUTION ET L'ASSASSINAT DE JEAN-PAUL MARAT, Peter Weiss - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/la-persecution-et-l-assassinat-de-jean-paul-marat/