LA FAMILLE DE PASCUAL DUARTE, Camilo José CelaFiche de lecture

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Une confession atroce

Il s'agit de la confession rédigée, dans sa prison, par un criminel, condamné à mort, qui attend son exécution. Le manuscrit, daté de 1937, découvert en 1939, est retranscrit fidèlement, à l'exception, est-il précisé, « de quelques passages trop crus ». Pascual Duarte, paysan fruste d'une région aride d'Extrémadure, est alors âgé de cinquante-cinq ans. Sa vie s'est déroulée dans un décor sinistre. Une enfance sordide, dans une saleté repoussante ; un père, brutal, autoritaire, ivrogne, qui avait fait de la prison pour contrebande ; une mère revêche, battue comme plâtre par son mari, mais aussi violente et portée sur le vin que lui ; une sœur, vicieuse et rusée, qui prend la poudre d'escampette à quatorze ans et devient prostituée ; un frère dégénéré, auquel un porc mange les deux oreilles, et qui, à peine âgé de onze ans, se noie dans une bassine d'huile, tandis que son père, mordu par un chien enragé, meurt dans des souffrances atroces : « Je fus surpris de voir que ma mère ne pleurait pas, comme je m'y attendais, et se mettait à rire, et force me fut de refouler les deux larmes qui m'étaient venues lorsque j'avais vu le cadavre, avec ses yeux ouverts et pleins de sang, sa bouche entr'ouverte et sa langue violette à demi tirée. » La suite de la vie de Pascual ne sera que forfaits ou crimes. Après avoir violé et engrossé sa promise, Pascual l'épouse. Elle fait une fausse couche malencontreuse et leur deuxième enfant meurt en bas âge. « Celui que le destin poursuit n'y échappe pas même s'il se cache sous les pierres. » Ce constat désabusé donne le ton de toute la narration. Après plusieurs mois de cogitations, le condamné demande la visite de l'aumônier de la prison, à qui il se confesse. Reprenant son récit, il raconte son départ pour Madrid, puis pour La Corogne, dans l'espoir d'embarquer pour les Amériques afin d'y refaire sa vie. À son retour un nouveau drame éclate : sa femme l'a trompé ; Pascual tue l'amant dont elle était enceinte. L'instinct de tuer est plus fort que lui. Après trois ans passés da [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

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«  LA FAMILLE DE PASCUAL DUARTE, Camilo José Cela  » est également traité dans :

CELA CAMILO JOSÉ (1916-2002)

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 1 553 mots

Dans le chapitre « L'œuvre romanesque »  : […] Virtuose des techniques narratives, Cela a horreur de la répétition. Aux critiques déroutés par ses innovations il oppose cette définition : « Le roman c'est tout ce qui, édité sous forme de livre, admet sous le titre, et entre parenthèses, le mot de roman . » Prise au pied de la lettre, cette formule revendique pour le romancier une liberté absolue qu'il met en œuvre de son premier à son dernier […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernard SESÉ, « LA FAMILLE DE PASCUAL DUARTE, Camilo José Cela - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/la-famille-de-pascual-duarte/