LA FABRIQUE DES SCIENCES MODERNES (S. Schaffer)

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La mise en scène de la science

La Fabrique des sciences modernes s’ouvre (chapitre 1) par une phrase attribuée à Isaac Newton dans laquelle celui-ci se présente comme un enfant sur la plage, jouant avec des galets au bord de « l’océan inviolé de la vérité ». En réalité nous montre Schaffer, le casanier Newton, loin d’être isolé face au vaste monde, s’est trouvé, à Cambridge puis à Londres, au centre d’un formidable réseau d’informateurs qui lui a permis de rassembler les données indispensables à ses travaux. Au-delà de ce constat, l’auteur entend rappeler que la science moderne s’est développée dès ses débuts sur la base d’un système d’information à l’échelle mondiale que seule l’expansion commerciale et coloniale a rendu possible. On est loin de l’image répandue et fausse de l’homme de science isolé dans le secret de ses travaux, à l’écart de la société et du monde.

Schaffer revient ensuite (chapitre 2) sur un épisode bien connu de l’histoire de la théorie newtonienne de la gravitation au xviiie siècle : la confirmation de la loi de l’attraction universelle par le retour de la comète de Halley en 1759. Plutôt que d’une démarche consensuelle de vérification, nous explique Schaffer, cette confirmation résulte d’une véritable mise en scène de l’annonce de ce retour par un groupe de newtoniens réunis autour de l’astronome français Joseph-Nicolas Delisle. Approfondissant cette notion de mise en scène de la science, Schaffer s’intéresse aux rapports entre la pratique expérimentale et le spectacle au cours du xviiie siècle. Il montre (chapitre 3) comment la physique expérimentale a créé son propre public, quels en ont été les effets pour la pratique expérimentale elle-même et quelles réactions cela a provoquées en retour au sein même de la communauté des physiciens. Le cas emblématique des expériences spectaculaires sur l’électricité (chapitre 4) donne ainsi l’occasion à Schaffer de souligner l’importance des gestes et des savoirs tacites pour la pratique expérimentale. Comme l’indique l’exemple de l’eudiomètre (un instrument c [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire des sciences, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Bruno BELHOSTE, « LA FABRIQUE DES SCIENCES MODERNES (S. Schaffer) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/la-fabrique-des-sciences-modernes/