LA CRISE DES SCIENCES EUROPÉENNES ET LA PHÉNOMÉNOLOGIE TRANSCENDANTALE, Edmund HusserlFiche de lecture

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Crise des sciences et crise de l'humanité

La Krisis correspond au volume VI des Husserliana, publié en 1954 seulement, soit seize ans après la mort du philosophe. Les deux premières parties du « texte principal » ont d'abord paru dans la revue Philosophia (1936) : « La Crise des sciences comme expression de la crise radicale de la vie dans l'humanité européenne » (paragraphes 1 à 7) ; « Élucidation de l'origine de l'opposition moderne entre l'objectivisme physiciste et le subjectivisme transcendantal » (paragraphes 8 à 27). La troisième partie : « Clarification du problème transcendantal. La fonction qui dans ce contexte revient à la psychologie » (paragraphes 28 à 73), plus composite, provient des manuscrits. L'ouvrage comprend aussi de très importants compléments, dont une conférence prononcée à Vienne en 1935 : « La crise de l'humanité européenne et la philosophie » et, parmi les appendices, « L'origine de la géométrie ».

La Krisis renoue en effet avec la question de l'origine. Le projet grec, qui a donné naissance aux mathématiques et indissociablement, pour Husserl, à la philosophie, c'est-à-dire le projet d'une « humanité issue de la raison », a perdu la conscience de soi dans l'autonomisation progressive des sciences, et dans leur abandon à la fascination « objectiviste ». La « réduction positiviste de l'idée de la science à une simple science-de-faits » (paragraphe 2) revient à exiler cette dernière du « combat pour le sens de l'homme » (paragraphe 6). Cette crise atteint l'humanité elle-même, pour autant que l'entreprise originelle révélait dans la raison, tendue vers la réalisation d'une fin universelle, non réduite à la contingence locale et historique, quelque chose de « l'essence de l'humanité ». Comme Paul Valéry l'avait écrit au sortir de la Première Guerre mondiale (dont Husserl lui aussi a connu l'épreuve), c'est à l'Europe, désormais secouée par de nouveaux démons, d'assumer la crise de l'esprit. « Le plus grand péril qui menace l'Europe, conclut la conférence de 1935, c'est la lassitude ». Il lui faut êtr [...]


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  • Renaud BARBARAS, 
  • Jean GREISCH
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Dans le chapitre « L'« épochè » phénoménologique »  : […] Dès les Recherches logiques , le sens philosophique de la phénoménologie est clairement établi : il réside dans l'idée d'une corrélation a priori et universelle entre l'objet transcendant et ses modes subjectifs de donnée. Autrement dit, la phénoménologie a pour projet de préserver la transcendance du réel tout en respectant sa relativité à la conscience, ce qui revient à en nier l'existence en so […] Lire la suite

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François TRÉMOLIÈRES, « LA CRISE DES SCIENCES EUROPÉENNES ET LA PHÉNOMÉNOLOGIE TRANSCENDANTALE, Edmund Husserl - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/la-crise-des-sciences-europeennes-et-la-phenomenologie-transcendantale/