LA CITÉ DU SOLEIL, Tommaso CampanellaFiche de lecture

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Le bonheur dans la servitude volontaire

L'œuvre de Campanella se présente sous la forme d'un dialogue entre un chevalier de l'Ordre des Hospitaliers et un marin génois, censé avoir rencontré, dans les incertitudes géographiques du Sri Lanka, le peuple des Solariens, pour lequel il professe une admiration sans réserve.

Inspirée par celle de Platon, la république philosophique du Calabrais est gouvernée par un prêtre souverain, appelé Soleil, élu en raison de ses connaissances, de ses capacités et de ses vertus morales. Il est secondé par trois princes : Pouvoir, Sagesse et Amour. L'art militaire est dévolu au premier. Le deuxième a en charge les sciences et les arts mécaniques. Amour préside à un système obligatoire d'éducation et d'apprentissage, et veille à l'application pratique d'une politique d'eugénisme.

La continence est exigée jusqu'à dix-neuf ans pour les filles, jusqu'à vingt et un ans pour les garçons. Les sentiments amoureux sont bannis. En dehors des lupanars, accessibles aux individus incapables de réfréner leurs pulsions, les relations sexuelles obéissent à un strict impératif de reproduction. Les partenaires « ne s'accouplent que digestion faite et après avoir prié », afin d'engendrer des enfants parfaitement sains de corps et d'esprit.

Société collectiviste et égalitaire, la Cité du Soleil a aboli la propriété privée et le pouvoir hiérarchisé en interdisant à chacun la libre disposition de soi et en propageant la servitude volontaire comme la vertu citoyenne par excellence. Poussant l'organisation rationnelle jusqu'à l'absurde, la prééminence des fonctions sociales participe d'une métaphysique de l'État, identifié au bien suprême, vers lequel doivent tendre la morale et les mœurs.

De même que, selon Campanella, le froid n'est que l'éloignement du chaud, symbolisé par le soleil, de même le mal n'est-il que l'absence de bien. L'éthique révèle ici sa nature essentiellement coercitive. Les vertus s [...]


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  • Antoine PICON
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Publiée en 1516 , L'Utopie, ou le Traité de la meilleure forme de gouvernement (trad. franç., 1550) de l'humaniste anglais Thomas More codifie pour plus de deux siècles et demi les principes du genre. Se présentant généralement comme un récit de voyage, l'utopie décrit une société parfaitement organisée, dont le fonctionnement régulier contraste avec les errements de la société réelle. Plus encor […] Lire la suite

Pour citer l’article

Raoul VANEIGEM, « LA CITÉ DU SOLEIL, Tommaso Campanella - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-cite-du-soleil/