CÉLESTINE LA

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Les différentes versions

En 1499 paraît à Burgos la Comedia de Calisto y Melibea, drame en prose en seize actes. Calisto adore Melibea, fille de Pleberio, depuis qu'il l'a rencontrée par hasard en cherchant un faucon perdu. L'action s'ouvre sur une deuxième rencontre, où sa déclaration est repoussée avec colère. Il se laisse persuader par son valet Sempronio de faire appel à Celestina, entremetteuse et sorcière. Une intrigue se noue entre cette vieille, les deux serviteurs de Calisto et deux prostituées, protégées de Celestina. Celle-ci obtient de Melibea un premier rendez-vous nocturne, où la porte du palais de Pleberio sépare encore les amants. La même nuit les serviteurs essayent de faire chanter Celestina et la tuent. Ils sont pris, exécutés. Melibea avait accepté de recevoir Calisto la nuit suivante dans le jardin du palais. Elle perd sa virginité sans résistance. En partant, Calisto tombe de l'échelle avec laquelle il a franchi le mur, et meurt sur place. Melibea se suicide en se précipitant du haut de la tour. La lamentation de Pleberio maudissant l'amour sert d'épilogue.

L'œuvre ayant eu d'emblée un vif succès, l'auteur la développe en 1502. Il intercale cinq actes, un mois de délai, entre la reddition de Melibea et la mort des amants. Leur bonheur sera-t-il ruiné par un complot dérisoire des prostituées ? Celles-ci, rejetant sur eux la responsabilité de la mort de Celestina et des valets, en confient la vengeance au rufian couard Centurio, lequel n'interrompra que par un simulacre d'algarade la dernière nuit d'amour au jardin, dont la poésie est digne d'avoir inspiré Shakespeare. Courant au secours de ses gardes du corps qu'il croit en danger, Calisto tombe de l'échelle fatale. Ainsi se raccorde au dénouement primitif cette version en vingt et un actes, qui reçoit le titre de Tragicomedia de Calisto y Melibea.

Dès 1500 les pièces liminaires de la Comedia comprennent 88 vers formant un acrostiche où le principal auteur se nomme. C'est « le bachelier Fernando de Rojas, natif de la puebla de Montalván ». Il dit avoir « achevé » le drame, dont il avait trouvé à [...]


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  • : ancien élève de l'École normale supérieure, membre de l'Institut, administrateur honoraire du Collège de France

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Marcel BATAILLON, « CÉLESTINE LA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-celestine/