L'UTILITARISME, John Stuart MillFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une morale utilitariste et altruiste

Ouvrage d'une centaine de pages, L'Utilitarisme s'ouvre sur un très court chapitre dans lequel Mill, après avoir fait remonter la tradition utilitariste à Socrate, critique les philosophies intuitionnistes et invite à dépasser la définition kantienne de l'obligation morale au nom de son conséquentialisme.

Le chapitre ii affirme que « les actions sont bonnes ou mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur ». Mais cet hédonisme, pour ne pas réduire l'homme en quête de plaisir à un animal, impose de ne pas confondre bonheur et satisfaction et d'introduire une différence qualitative entre les plaisirs – les plus désirables étant ceux qui mettent en œuvre les facultés supérieures – que l'expérience nous assure d'opérer. En définitive, « le bonheur qui constitue la norme utilitariste de la conduite bonne n'est pas le bonheur propre de l'agent, mais le bonheur de tous ceux concernés ». Fondé non pas sur l'intérêt mais sur l'utile, cet idéal n'est accessible que sous certaines conditions sociales et culturelles propres à orienter naturellement et sans esprit de sacrifice le développement des potentialités individuelles vers le bien de la société.

Comment créer et faire respecter les conditions de cet altruisme ? Tel est l'objet du chapitre iii qui traite de la question des sanctions et du sentiment du devoir. Si la morale utilitariste dispose de « sanctions extérieures » (craintes de ses semblables ou de Dieu) et de « sanctions intérieures » (le sentiment d'obligation morale), c'est surtout dans le sens social dont dispose tout individu que Mill y voit son fondement le plus solide.

Le chapitre iv est consacré au problème des « preuves du principe d'utilité ». Partant de l'idée que « la seule chose qu'on puisse donner pour établir qu'une chose est désirable, c'est en fait qu'on la [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages


Écrit par :

  • : docteur en sociologie, D.E.A. de philosophie, maître de conférences à l'université de Paris V-Sorbonne

Classification


Autres références

«  L'UTILITARISME, John Stuart Mill  » est également traité dans :

UTILITÉ PRINCIPE D'

  • Écrit par 
  • Francisco VERGARA
  •  • 2 292 mots

Dans le chapitre « Une doctrine ancienne aux appellations diverses »  : […] Comme la plupart des notions fondamentales, le principe d'utilité a reçu divers noms à travers l'histoire. À l'époque romaine, on parlait du principe de l' utilitas publica ou utilitas communis . L'habitude de se servir du mot « utilité » pour désigner le bonheur et le bien-être vient ainsi du latin et de la philosophie du droit des Romains. Des philoso […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/principe-d-utilite/#i_31618

Pour citer l’article

Éric LETONTURIER, « L'UTILITARISME, John Stuart Mill - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-utilitarisme/