L'INÉGALITÉ DES CHANCES. LA MOBILITÉ SOCIALE DANS LES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES, Raymond BoudonFiche de lecture

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Une portée sociologique décisive

Véritable classique de la sociologie, L'Inégalité des chances l'est d'abord devenu pour l'exemplarité de sa démonstration et de ses précautions méthodologiques. À toute étude de mobilité s'impose désormais l'impératif de distinguer structure sociale (professionnelle) et structure scolaire. La première reste stable tandis que la surenchère de la demande scolaire a pour effet pervers une dégradation des chances sociales liées aux niveaux scolaires et, à terme, un déplacement de la structure scolaire vers le haut. Fortes sont ainsi les chances que chacun ne bénéficie pas socialement de son effort scolaire et que l'attribution du statut selon l'instruction donne l'impression d'une loterie.

De même, en situant l'origine des inégalités devant l'enseignement à la fois dans le système de stratification et dans le système scolaire, c'est aussi toute une série d'enjeux sociopolitiques que l'ouvrage, dans une veine rousseauiste, clarifie. D'un côté, une société développée, aux attentes et besoins diversifiés, ne saurait souscrire de façon réaliste au mythe de la déstratification. De l'autre, seul un cursus indifférencié, c'est-à-dire un dispositif planifié très contraignant pourrait garantir une réduction drastique des inégalités scolaires. Mais faut-il sacrifier la liberté individuelle au nom de la baisse de rentabilité de l'investissement éducatif ? Le paradoxe soulevé par Raymond Boudon tient donc dans cette difficile conciliation et réalisation de la liberté et de l'égalité en société, la solution résidant « dans une perspective non utopique dans la réduction des inégalités économiques ». Plus généralement, L'Inégalité des chances mobilise, à travers son recours à la modélisation, sa critique des idées reçues, sa démarche compréhensive et son appel aux notions de choix individuels, d'agrégation et d'effets pervers, les traits distinctifs du programme wébérien que le futur membre de l'Institut développera par la suite.



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Écrit par :

  • : docteur en sociologie, D.E.A. de philosophie, maître de conférences à l'université de Paris V-Sorbonne

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ACTION RATIONNELLE

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 2 633 mots
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Dans le chapitre « Individualisme méthodologique et effets pervers »  : […] En France, Raymond Boudon développe également depuis les années 1970 une théorie sociologique de l'action rationnelle. Tout comme chez Coleman, l'individualisme méthodologique est au principe de son entreprise. Convaincu de la prééminence des actions individuelles dans la construction du social, Boudon répète à l'envi que la tâche du sociologue consiste d'abord à retrouver le sens des comportemen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/action-rationnelle/#i_31693

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Pour citer l’article

Éric LETONTURIER, « L'INÉGALITÉ DES CHANCES. LA MOBILITÉ SOCIALE DANS LES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES, Raymond Boudon - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-inegalite-des-chances-la-mobilite-sociale-dans-les-societes-industrielles/