L'INÉGALITÉ DES CHANCES. LA MOBILITÉ SOCIALE DANS LES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES, Raymond BoudonFiche de lecture

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Une analyse en termes de modèles

La première partie de l'ouvrage s'attache précisément à ce dernier aspect à partir des conséquences méthodologiques que Raymond Boudon tire de ce qu'il nomme « le paradoxe d'Anderson ». En 1961, ce dernier montrait que la promotion scolaire d'un individu ne garantit pas sa promotion sociale, et inversement qu'une réussite scolaire inférieure à son père n'implique pas automatiquement une mobilité sociale descendante. Ce double constat invite donc Boudon à préférer pour toute son étude la « méthode quasi expérimentale des modèles » à la syntaxe syllogistique.

La deuxième partie vise à l'application de cette méthode au problème de l'inégalité des chances devant l'enseignement, abordé sous l'angle de leurs mécanismes générateurs, de leur évolution et de celle des taux de scolarisation aux différents échelons scolaires. Des résultats engrangés principalement par Blau et Duncan, Girard, Praderie, Jencks et des données empiriques de l'O.C.D.E., ressort dans la formation et perpétuation de l'inégalité des chances, la prédominance évidente de la décision scolaire sur l'héritage culturel. Selon sa position sociale, l'individu effectue un calcul pour évaluer le bénéfice, le risque et le coût de l'investissement scolaire supplémentaire. Poursuivant les perspectives ouvertes par Sorokin en 1927, Raymond Boudon inscrit cette logique de la motivation socialement différenciée dans un modèle dynamique dont l'axiomatique présente le système scolaire « comme un arbre constitué par une suite de points de bifurcation ». Dans cette séquence d'orientations, les différences de motivation ont donc un effet multiplicatif qui explique dans la comptabilité scolaire, les résultats modérés de la démocratisation de l'enseignement.

La troisième partie de l'ouvrage consiste à mesurer l'incidence des inégalités scolaires sur la mobilité sociale. Partant des travaux de D. Glass en 1954, Boudon constate que dans l'allocation des statuts sociaux se conjuguent les principes méritocratiques [...]


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Écrit par :

  • : docteur en sociologie, D.E.A. de philosophie, maître de conférences à l'université de Paris V-Sorbonne

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ACTION RATIONNELLE

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 2 633 mots
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Dans le chapitre « Individualisme méthodologique et effets pervers »  : […] En France, Raymond Boudon développe également depuis les années 1970 une théorie sociologique de l'action rationnelle. Tout comme chez Coleman, l'individualisme méthodologique est au principe de son entreprise. Convaincu de la prééminence des actions individuelles dans la construction du social, Boudon répète à l'envi que la tâche du sociologue consiste d'abord à retrouver le sens des comportemen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/action-rationnelle/#i_31693

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Pour citer l’article

Éric LETONTURIER, « L'INÉGALITÉ DES CHANCES. LA MOBILITÉ SOCIALE DANS LES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES, Raymond Boudon - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-inegalite-des-chances-la-mobilite-sociale-dans-les-societes-industrielles/