L'ÎLE AUX CHIENS (W. Anderson)

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Un récit à tiroirs

On voit d’emblée tout ce que cette épopée recèle d’ironique. D’ailleurs, il suffit d’entendre son titre en anglais – Isle of Dogs – pour en saisir la part ludique. Voilà un jeu de mots et de sonorités (« I love dogs ») qui, a priori, devrait immerger le spectateur dans un chant d’amour à l’espèce canine ! Sauf que le neuvième long-métrage de Wes Anderson, coécrit avec ses comparses Jason Schwartzman et Roman Coppola, mais aussi l’acteur et scénariste Kunichi Nomura pour la touche japonaise, multiplie les flash-backs, les digressions et les sous-intrigues.

Une profusion romanesque qu’un rythme frénétique, impulsé par les tambours d’Alexandre Desplat, amplifie du début à la fin. En dépit des apparences – une histoire simple de quête enfantine, découpée en chapitres –, L’Île aux chiens est donc bien un récit à double, voire triple détente. Entre deux gags, il n’oublie jamais, à sa façon, inventive et joueuse, de dénoncer les dangers d’un régime prônant l’exclusion et le repli sur soi, comme il n’omet pas de stigmatiser la responsabilité des humains dans les catastrophes écologiques. Une thématique politique inhabituelle pour Wes Anderson, sans doute rattrapé par l’actualité nord-américaine et le traumatisme de l’après-Fukushima au Japon.

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Ariane ALLARD, « L'ÎLE AUX CHIENS (W. Anderson) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/l-ile-aux-chiens-w-anderson/