L'ÊTRE ET LE NÉANT, Jean-Paul SartreFiche de lecture

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La conscience comme relation

D'emblée, Sartre reprend un problème fondamental de la philosophie : les rapports entre la conscience et le monde, entre le « pour-soi » et l'« en-soi ». Il renvoie dos à dos les solutions idéaliste et réaliste et cherche, à partir de la phénoménologie husserlienne et sa théorie de l'intentionnalité, une nouvelle élaboration de leurs rapports. Le Heidegger d'Être et Temps va lui permettre d'infléchir dans un sens non idéaliste, même s'il refuse le mot de conscience, la phénoménologie husserlienne. La conscience de soi n'est pas connaissance de soi. Autrement dit, la conscience réflexive repose sur une conscience plus originaire – préréflexive – que Sartre note « conscience (de) soi ». « Toute existence consciente existe comme conscience d'exister. » La présence à soi ne marque donc pas le retour à un sujet plein, objectivable par principe. Inséparable de l'être qu'elle révèle, elle « naît portée sur un être qui n'est pas elle ». Accuser Sartre de dualisme, malgré son vocabulaire, c'est aller trop vite en besogne. C'est oublier qu'en-soi et pour-soi ne sont jamais à titre séparé, qu'ils ne sont que relation, rapport indissoluble de l'être et du monde, même si cette corrélation entre conscience et monde reste « asymétrique », puisque « je suis à la fois un des termes du rapport et le rapport lui-même ». Rien ne peut atteindre la conscience du dehors : en elle-même elle est vide, pur néant, « elle est ce qu'elle n'est pas, n'est pas ce qu'elle est ».

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Pour citer l’article

Francis WYBRANDS, « L'ÊTRE ET LE NÉANT, Jean-Paul Sartre - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 septembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-etre-et-le-neant/