L'ÉTHIQUE PROTESTANTE ET L'ESPRIT DU CAPITALISME, Max WeberFiche de lecture

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Le salut par le travail

L'Éthique protestante se compose de deux chapitres dont le premier, intitulé « Le problème », débute par un exposé des résultats d'une étude empirique menée par un élève de Weber, M. Offenbacher, qui montrait la surreprésentation des protestants dans la classe entreprenariale et technicienne du Land de Bade. Recoupé avec d'autres statistiques comparables, ce constat amène l'auteur à postuler l'existence d'une influence des « particularités mentales que conditionne l'atmosphère religieuse [...] sur le choix des occupations et, par là même, la carrière professionnelle », influence qui se traduit ici par « une disposition toute spéciale pour le rationalisme économique ». L'hypothèse d'une mentalité protestante, et plus précisément calviniste, impose la recherche de ses éléments particuliers et traits spécifiques, que ne saurait satisfaire une simple explication externe par l'opposition entre la joie de vivre et le matérialisme de ses représentants d'une part, l'ascétisme et le détachement des catholiques d'autre part.

L'impératif d'abandonner le « domaine des représentations vagues et générales » conduit ensuite Weber à construire, en s'appuyant sur les sermons de Benjamin Franklin, un idéal type de l'esprit du capitalisme qui fait de la poursuite de son intérêt pécuniaire une obligation morale entrant dans le code de conduite quotidien de l'honnête homme. Vécu simplement comme le sentiment d'avoir accompli son devoir professionnel, l'éthos du capitaliste dont le portrait anti-hédoniste et utilitariste nous est dressé par la suite, dépasse largement le simple attrait du gain et la satisfaction prosaïque des biens de ce monde. Il répond en fait, pour être moralement acceptable et repousser le traditionalisme et la routinisation des conduites, à des conditions d'émergence religieuses qui auront finalement pour résultat, à côté du vaste processus historique de rationalisation de l'ensemble des activités humaines, de transformer positivement l'activité de profit en profession, prise au sens honorable de vocation [Beruf]. Cristallisant l'idée nouvell [...]

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Écrit par :

  • : docteur en sociologie, D.E.A. de philosophie, maître de conférences à l'université de Paris V-Sorbonne

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Pour citer l’article

Éric LETONTURIER, « L'ÉTHIQUE PROTESTANTE ET L'ESPRIT DU CAPITALISME, Max Weber - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-ethique-protestante-et-l-esprit-du-capitalisme/