L'ATELIER D'INGRES, Eugène Emmanuel Amaury-DuvalFiche de lecture

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Itinéraire d'un élève

Le récit, à la première personne, s'étend sur onze ans, de 1825 à 1836, prolongé par des anecdotes concernant la période ultérieure. Le plan est peu marqué, divisé en vingt-sept chapitres ponctués de dialogues, comme dans une conversation, le but étant de « faire connaître surtout les sentiments intimes et les préceptes du grand artiste ».

À partir de 1825, jusqu'à son départ pour l'Italie en 1834, lorsqu'il devint directeur de l'Académie de France à Rome, Ingres dispose à Paris d'un atelier privé, proche de l'École des beaux-arts, où ses nombreux élèves le vénèrent comme un chef incontesté : Henri Lehmann, Raymond Balze, Hippolyte Flandrin, Victor Mottez, Théodore Chassériau, qui « trahira » Ingres pour Delacroix... Selon Daniel Ternois, 256 élèves ont été formés par Ingres. Ce « studio » s'inscrit dans la tradition des grands ateliers qui ont compté dans l'histoire de la peinture : celui de Rembrandt, étudié par Svetlana Alpers, celui de David, étudié par Thomas Crow, des creusets paradoxaux où la personnalité du maître se forge au contact de ses cadets.

La Petite Baigneuse, J. A. D. Ingres

La Petite Baigneuse, J. A. D. Ingres

Photographie

Jean Auguste Dominique Ingres, «La Petite Baigneuse», 1826. Huile sur toile, 32 cm × 25 cm. Collection Phillips, Washington. 

Crédits : Bridgeman Images

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Ingres prône le primat du dessin, le travail d'après modèle, conseille à ses élèves de copier Raphaël ou Titien, mais pas Rubens, il leur fait découvrir les artistes italiens cités par Vasari, souhaite développer chez eux le goût pour la peinture murale, que lui-même ne pratiqua que peu, à Dampierre, au prix de grandes difficultés. Ingres ouvre rarement son atelier personnel. Amaury-Duval parle de « mesquinerie » à ce propos. Ingres répond : « Ingristes, ingresques, je n'ai formé que des ingrats. » Ces incompréhensions entre maître et élèves constituent la trame des journées d'atelier, plus complexe et subtile qu'il n'y paraît. Le maître n'est pas toujours paternel, ex cathedra, ni les élèves passifs, groupés au pied de l'estrade pour l'écouter.


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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, ancien élève de l'École normale supérieure, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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  • Écrit par 
  • Marie-José MONDZAIN-BAUDINET
  •  • 5 926 mots
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Dans le chapitre « L'atelier cénacle. Sanctuaire romantique et grand atelier de la nature »  : […] De l'atelier traditionnel, il ne reste, au xix e  siècle, que la fonction pédagogique exercée par quelques grands maîtres, mais la pédagogie se ressent aussi de l'idéologie romantique, et le rapport du maître à l'élève est tout à fait original. Ce qu'on apprend d'un maître est d'ordre purement formel. Les marchands de pinceaux, de couleurs, de toiles dispensent définitivement les artistes de tout […] Lire la suite

Pour citer l’article

Adrien GOETZ, « L'ATELIER D'INGRES, Eugène Emmanuel Amaury-Duval - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-atelier-d-ingres/