ART SACRÉ L', revue

La petite revue monochrome L'Art sacré dont l'existence s'échelonne de 1935 à 1969 s'est rapidement imposée par la rigueur de son contenu et par les qualités de sa présentation. Consacrée à la fois à l'art et à la spiritualité, elle fut seule de son genre en France jusqu'en 1955. Son apogée a coïncidé avec les débats qui ont entouré la construction de l'église d'Assy, de la chapelle dominicaine de Vence et de l'église paroissiale du Sacré-Cœur d'Audincourt. Les noms des pères Couturier et Régamey, ses principaux directeurs, lui sont étroitement attachés. Sa publication prit fin au lendemain du concile Vatican II qui entérina le changement radical qui s'était manifesté durant les années 1960 dans l'Église catholique dans la conception du rapport entre les Églises et la cité.

L'émergence de la revue

L'Art sacré s'inscrit dans la réflexion amorcée à la fin du xixe siècle par quelques intellectuels et artistes catholiques (Huysmans, Claudel, Maurice Denis) réagissant à l'art religieux académique et aux productions « douceâtres » et bon marché dites de « Saint-Sulpice ». Pour eux, l'Église avait perdu sa grande tradition artistique. En 1920, les Ateliers d'art sacré de Georges Desvallières et Maurice Denis concrétisèrent ce désir de retrouver des artistes dignes de l'Église ; par ailleurs une large mouvance d'artistes (« Catholiques des Beaux-Arts », ateliers de verriers et mosaïstes) s'intéressait à l'art religieux et souhaitait se faire connaître du clergé. L'Office général d'art religieux (O.G.A.R.) créé à cette fin en 1934 organisa une grande exposition à l'hôtel de Rohan, à Paris (mai-juillet), à l'issue de laquelle Joseph Pichard (1892-1973) fonda la revue L'Art sacré (n0 1, juillet 1935), dans le même but. La revue avait un comité de rédaction (qui perdura jusqu'en 1939) regroupant de grands noms de la littérature, du théâtre, de la musique, des arts, de l'architecture (Claudel, Brillant, Copeau, Ghéon, Denis, Gastoué, Puiforcat, Dom Bellot, Pingusson), des historiens de l'art (Aubert, Deschamps, Jamot), des membres de l'Église. De parution mensuelle, elle aborda tous les domaines artistiques en des numéros composites laissant peu de place à l'art « moderne » (église du Raincy, n0 4, Sainte-Agnès d'Alfort, n0 6, Chantiers du Cardinal, n0 14). Elle vivait – mal – d'abonnements et de publicités. Sauvée du naufrage à la fin de 1936 par deux mécènes qui la rachetèrent, elle échut aux éditions du Cerf et, devenue ainsi dominicaine, elle fut confiée aux pères Couturier et Régamey.

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Écrit par

  • Françoise CAUSSÉ : professeur agrégé d'arts plastiques (enseignant à l'I.U.F.M. d'Aquitaine) et docteur en histoire de l'art

Classification

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • RÉGAMEY RAYMOND (1900-1996)

    • Écrit par Françoise CAUSSÉ
    • 933 mots

    Dominicain, historien de l'art, le père Régamey marqua la réflexion sur l'art religieux au xxe siècle en France.

    Fils de Jeanne Heilman et de Frédéric Régamey (1849-1925) Raymond Régamey est né le 10 janvier 1900 à Beblenheim dans une famille protestante d'écrivains et d'artistes. Sa mère,...

Voir aussi