KUBA

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Organisation politique

Au sommet le Nyim, chef des Bushoong, dirige l'exécutif et est juge suprême. Son autorité repose sur la volonté divine. Aîné du lignage royal, sa nomination est ratifiée par le conseil de la couronne, qui a le droit de choisir un homme plus capable, dans le même lignage : dans ce cas tous ses aînés doivent mourir.

Le Nyim a le pouvoir surnaturel de dispenser la fécondité ; il intervient rituellement pour restaurer l'abondance des récoltes, faire pleuvoir, faciliter les accouchements. Sa malédiction cause la stérilité. Il ne peut voir blessure, cadavre, tombeau, sans risquer de perdre son pouvoir vital. Le ndop, statuette qui le représente, est vénéré après sa mort, car il conserve dans l'au-delà une existence individuelle. Des chansons en son honneur l'appellent « la vie de tous les Bushoong », « l'homme qui distribue les naissances », « le dieu qui a créé plaines et forêts ». Tous les Kuba admettent le lien entre la royauté et le sacré : lien que certains conçoivent comme direct et que d'autres attribuent à l'emploi de charmes magiques. On discute volontiers ce point d'interprétation. Le roi doit être juste, libéral, généreux et jaloux de sa préséance ; ses cinq cents esclaves sont toujours prêts à exécuter quiconque lui a manqué de respect ; toutefois ces exécutions sont secrètes, car il ne lui est pas possible de devenir un tyran : une série de conseils et de dignitaires sont prévus pour l'en empêcher. Magicien, le Nyim peut se transformer en léopard et manger des hommes, pourvu que ces transgressions des tabous augmentent sa force vitale qui rejaillit sur son peuple. De même, il est obligé de s'unir sexuellement à sa sœur, et d'épouser une de ses nièces ; par l'inceste il sort de son matrilignage et devient roi de tous.

Le Nyim semble une incarnation des valeurs implicites de la culture kuba : il garantit l'ordre qui permet la richesse, affichée avec ostentation ; il est principe de vie et cela l'autorise à faire fi de toute loi trop rigide et stérilisante.

Le pouvoir législatif est exercé par le conseil de la couronne, composé de descendant [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  KUBA  » est également traité dans :

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Un foisonnement artistique

  • Écrit par 
  • Louis PERROIS
  •  • 6 825 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les royaumes congolais »  : […] Le substrat paysan matrilinéaire congolais a été transformé, entre le xiv e et le xvi e  siècle suivant les régions, par ce que Luc de Heusch a appelé le « cycle de la royauté sacrée », originaire des féodalités pastorales de l'Afrique orientale. Les Kongo, qui se sont illustrés au xix e  siècle par un certain nombre de pièces d'inspiration catholique, sous l'influence des missionnaires portugais […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Aires et styles

  • Écrit par 
  • Claire BOULLIER, 
  • Geneviève CALAME-GRIAULE, 
  • Michèle COQUET, 
  • François NEYT
  • , Universalis
  •  • 15 141 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le royaume kuba »  : […] Établi dans le centre du Congo-Kinshasa, au milieu d'un réseau de rivières courant du sud vers le nord-ouest, le royaume kuba se développa à partir d'une concentration inégale de ressources entre les groupes environnants. L'exaltation de l'homme fort, qui devint un roi sacré, et des conquêtes fit le reste. Outre les chefs bushoong de rang royal, le souverain, le Nyim , d'origine divine, dirigeai […] Lire la suite

BANTOU

  • Écrit par 
  • Luc de HEUSCH
  •  • 8 088 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Histoire et mythe »  : […] Les ethnohistoriens ont produit, depuis le milieu des années soixante, d'importantes monographies régionales précises qui éclairent l'histoire des peuples bantous au cours des derniers siècles. Ils se sont intéressés principalement à la formation des grands royaumes qui se sont développés dans la savane qui borde la lisière méridionale de la forêt ou dans la région montagneuse des Grands Lacs. On […] Lire la suite

CONGO RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU

  • Écrit par 
  • Jules GÉRARD-LIBOIS, 
  • Henri NICOLAÏ, 
  • Patrick QUANTIN, 
  • Benoît VERHAEGEN, 
  • Crawford YOUNG
  • , Universalis
  •  • 24 758 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « La diversité humaine »  : […] La diversité humaine est grande, bien qu'on ne trouve pas ici les contrastes marqués qui existent dans certains États d'Afrique occidentale ou orientale. Linguistiquement, par exemple, deux grands ensembles dominent le pays. Le groupe bantou, tout d'abord, qui occupe l'essentiel du territoire. Ensuite, un groupe de langues soudanaises (avec de nombreuses enclaves bantoues), qui se rencontre dans […] Lire la suite

MASQUES - Le masque en Afrique

  • Écrit par 
  • Annie DUPUIS
  •  • 4 315 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Peuples des bassins de l'Ogooué et du Zaïre »  : […] Dans cette vaste région stylistique, on trouve des styles très contrastés. Les fameux « masques blancs » des peuples de l'ouest du Gabon (Shira, Pounou , Nzabi, Loumbou) – visages idéalisés de jeunes filles mortes, autrefois comparés aux masques asiatiques avec lesquels on a cru discerner une relation du fait de leurs yeux bridés et de leur raffinement, jugés à tort « non-africains » – évoluent su […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques MAQUET, « KUBA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/kuba/