KUBA

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Organisation sociale

Le matrilignage, groupe exogamique d'une profondeur de trois à six générations, détermine le statut social de chacun, et règle les héritages ; il joue aussi un rôle dans la répartition des biens, chacun étant obligé de céder la moitié de son surplus à son lignage qui, en compensation, l'aidera à payer ses dettes et lui épargnera ainsi l'esclavage. Les biens des lignages servaient souvent à l'achat d'esclaves.

La section de clan se compose d'un noyau de lignage, plus les époux et les enfants.

La famille nucléaire, obligatoirement monogame sauf pour les chefs et le roi (qui a environ six cents épouses, fournies par les différents lignages), est la cellule économique fondamentale. Elle comprend le couple et ses jeunes enfants, plus ceux que les époux ont pu avoir d'un autre lit, car le divorce est fréquent. Les mariages se font le plus souvent par inclination et commencent par une liaison ; le consentement de la fille est requis. Une dot est versée par le père du jeune homme aux parents de la fiancée, ce qui est une anomalie puisque père et fils ne sont pas du même lignage. La fonction de la dot est juridique, le transfert de biens devant témoins créant le mariage.

Un autre type d'union, exigeant une dot plus élevée, réalise le transfert d'une femme d'un lignage à un autre : comme on la tient pour une concubine, ses enfants appartiennent au lignage de l'homme. Le besoin d'argent incitera un père à vendre sa fille ; il n'est pas tenu de consulter l'oncle maternel de cette dernière : cela aussi est une anomalie du régime matrilinéaire kuba.

La société kuba comprend trois classes : celle des nobles, celle des hommes libres et celle des esclaves. Ces derniers peuvent posséder des biens et ont le droit de se racheter ; ils n'appartiennent plus à un lignage et n'ont pas accès aux fonctions politiques. La noblesse comprend le lignage du roi et des chefs, c'est-à-dire mère, sœurs et successeurs masculins ; sont nobles aussi les enfants et petits-enfants du roi.


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Pour citer l’article

Jacques MAQUET, « KUBA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kuba/