KIESLOWSKI KRZYSZTOF (1941-1996)

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Le Décalogue

Kieslowski réalise une vingtaine de documentaires jusqu'en 1988, mais, dès 1974 (Premier Amour), il constate les limites de cette pratique, voire « la mort du documentaire » : « Aujourd'hui, on peut filmer absolument tout, mais, en s'approchant des gens, on rencontre des limites, celles de l'intimité, de la vie privée, au-delà desquelles les intéressés ne veulent ni ne peuvent nous laisser pénétrer. »

Les premiers films de fiction de Kieslowski inscrivent la sphère du privé dans un cadre plus vaste, symbolique – les coulisses de l'Opéra de Varsovie comme « métaphore de la vie » dans Le Personnel (1975) – ou politique et moral, avec La Cicatrice (1976), qui inverse les données du réalisme socialiste. Les premiers héros du cinéaste, fort peu « positifs », sont déjà en proie à un doute qui vient corroder la substance même des deux films suivants. L'Amateur (1979) porte moins l'accent sur ce qu'il est « politiquement correct » ou non de filmer, ou sur la vérité ontologique du cinéma, que sur le pouvoir du cinéaste amateur Philip de découvrir la face cachée de son usine et de celui qui lui permet ou non d'exercer un droit de regard sur ce qui l'entoure. Avec Le Hasard (1982), après le temps du documentaire et celui des premières fictions symboliques (auxquelles on peut encore rattacher Sans fin, 1984), Kieslowski trouve son écriture, faite de blocs juxtaposés, aux relations complexes et ouvertes. Au moyen de trois histoires indépendantes dont aucune n'est plus crédible, positive ou négative que l'autre, et entre lesquelles circulent des indices (objets, personnages) qui n'ont plus rien de symbolique, Kieslowski place plus profondément encore le spectateur dans l'inconfort du doute, entre le chaos et un monde organisé – qu'il tienne sa logique de Dieu ou du parti.

Le Décalogue (1988-1989) constitue un profond témoignage, sur un moment capital de l'histoire du monde moderne : l'effondrement du bloc de l'Est et de son système économique, et ses conséquences morales et spirituelles. Inspiré d'un polyptyque sur b [...]

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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LE DÉCALOGUE, film de Krzysztof Kieslowski

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  • Kristian FEIGELSON
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Krzysztof Kieslowski (1941-1996), diplômé de l'école de cinéma de Lódz, entame une carrière de cinéaste en Pologne vers la fin des années 1970. Il réalise une vingtaine de courts-métrages, essentiellement des documentaires pour la télévision : Le Tramway (Tramwaj, 1966), L'Usine (Z miasta Lodzi, 1968), L […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-decalogue/#i_98377

PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

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1899 États-Unis. Th e Astor Tramp , « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités. 1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle. Au programme, une scène d' Ham […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/parlant-cinema-reperes-chronologiques/#i_98377

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « KIESLOWSKI KRZYSZTOF - (1941-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/krzysztof-kieslowski/