MUROBUSHI KŌ (1947-2015)

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Aux racines du butō

Né à Tōkyō le 14 juin 1947, Murobushi Kō suit tout d’abord des études littéraires à l’université Waseda puis devient l’élève de Hijikata Tatsumi de 1968 à 1969, après avoir été séduit par un de ses spectacles. En 1969, il se retire dans la montagne auprès des yamabushi, communauté de moines bouddhistes solitaires et ascétiques. Cette rencontre est brève mais déterminante pour sa carrière. En effet, c’est en étudiant les relations que les yamabushi entretiennent avec les momies qu’il élabore son imagerie corporelle autour de la mort et du passage dans l’au-delà, des thèmes très présents dans ses créations. Ainsi se met en place sa vision d'un corps en transition permanente, transcendant les frontières et fusionnant des pôles opposés comme le masculin et le féminin, le mort et le vivant, le corps réel et le fantôme, les racines de la culture japonaise et la liberté de penser occidentale. Pour lui, le corps dansant devient un hermaphrodite parfait autant qu'une entité indéterminée entre l’homme et l'animal.

Murobushi Kō, qui a plutôt été chétif dans sa jeunesse, partage la conviction de Hijikata Tatsumi selon laquelle seul un corps non idéal représente un intérêt scénique et philosophique. Cette image du corps a par ailleurs le mérite d'interdire toute vanité chez l'interprète. Pour aider les danseurs à maîtriser leur ego, Murobushi Kō les envoie se produire dans des cabarets, dont le sien, ouvert au début des années 1980. En cela aussi, il suit l'exemple de Hijikata Tatsumi.

Après avoir créé en 1972, avec Maro Akaji, la troupe Dairakudakan, il règle des chorégraphies fondatrices du butō pour Ariadone, la compagnie d’Ikeda Carlotta (qui avait collaboré avec Dairakudakan) et composée uniquement de danseuses. Puis, en 1976, il fonde Sebi, une troupe exclusivement masculine. Mais, contrairement à d'autres grandes figures du butō, il n'hésite pas à faire danser ensemble hommes et femmes, que ce soit au sein de Dairakudakan ou encore dans une production commune d’Ariadone et Sebi intitulée Le Dernier Éden. Cette pièce, montée à Paris en 1978, fait conna [...]


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Pour citer l’article

Thomas HAHN, « MUROBUSHI KŌ (1947-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ko-murobushi/