KINDĪ AL- (IXe s.)

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Un savant polyvalent

Abū Yūsuf Ya‘qūb b. Isḥaq al-Kindī, issu de la tribu sud-arabique de Kinda (d'où son nom de « philosophe des Arabes »), naît à Kūfa vers les premières années du ixe siècle de l'ère chrétienne (avant-dernière décennie du iie siècle de l'hégire) ; Kūfa avait été la première capitale ‘abbāsside. Il poursuit ses études à Baṣra, dont son père était gouverneur, puis à Bagdad, fondée en 762 par le deuxième calife ‘abbāsside, Manṣūr, qui en fit sa capitale. Ces trois villes étaient les plus prestigieuses de l'empire musulman du point de vue intellectuel. L'époque de Kindī est celle où la culture musulmane atteint un développement extraordinaire, préparé au siècle précédent. Le passage sous la domination arabe de peuples à riches traditions déterminait un brassage culturel et social fécond.

En 830, le calife al-Ma'mūn fonde le bayt al-ḥikma (maison de la sagesse), à la fois bibliothèque, académie, office de traductions, doté aussi d'un observatoire. Poursuivant un mouvement culturel commencé au siècle précédent un grand nombre de traducteurs, actifs, compétents, bien rétribués, font passer en syriaque et en arabe quantité de livres persans, indiens et surtout grecs : l'essentiel de la science et de la philosophie helléniques devient ainsi accessible aux Arabes. Parallèlement, au cours du iie siècle de l'hégire, cependant que la prose arabe prenait sa forme classique, la spéculation religieuse, aiguisée par les controverses avec les croyants d'autres religions et entre musulmans, s'était affinée, devenant plus ample et plus dialectique. Dans tous les domaines, ce temps bouillonne d'ardeur et de toutes les audaces. Kindī, à sa façon, l'illustre fort bien.

Le bio-bibliographe Ibn al-Nadīm, qui écrivait cent quinze ans environ après la mort de Kindī, lui consacre dans son Fihrist (« catalogue ») une notice où il lui attribue plus de deux cent soixante-dix ouvrages. Kindī, en effet, écrivit sur à peu près toutes les sciences, y compris l'astrologie (mais non l [...]

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

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Pour citer l’article

Jean JOLIVET, « KINDĪ AL- (IXe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kindi-al/