BARTH KARL (1886-1968)

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La crise et la méthode dialectique

Étudiant à Berne, Berlin, Tübingen et Marburg, Karl Barth subit l'influence de la théologie régnante : le libéralisme, avec la loyauté de sa critique historique, son culte des grandes personnalités religieuses et sa réduction de la foi dogmatique à une conduite morale. Il participe aussi au mouvement du christianisme social à la fois messianiste et socialiste. En 1911, il devient pasteur d'un petit village suisse, Safenwil. Durant la Première Guerre mondiale, outre des conférences passionnées qui paraîtront plus tard sous le titre Parole de Dieu et parole humaine, il écrit son commentaire sur l'Épître aux Romains de saint Paul. Refusant la voie d'approche historiciste, psychologique et moralisante, Barth redit, dans un langage fortement marqué par Platon, Kant, Kierkegaard, Dostoïevski, mais aussi par Overbeck et Nietzsche, la « chose » que Paul lui aussi désignait : « la différence qualitative infinie du temps et de l'éternité. Dieu est au ciel et tu es sur la terre... Malheur, si des cimes de la religion ne vient que la religion ! Elle ne libère pas, elle asservit plus pernicieusement que quoi que ce soit d'autre. Ce qui se produit dans la chair, ce qui est entrepris à partir de l'homme dans la direction de Dieu, cela est, en tant que tel, faiblesse. L'histoire de la religion, l'histoire de l'Église est faiblesse dans un sens absolu... Un apôtre n'est pas un homme positif, mais un homme négatif, un homme chez lequel un tel espace vide devient visible. » Car l'incapacité humaine de connaître Dieu est le signe de cette impossible possibilité par laquelle Dieu se fait connaître verticalement à l'homme.

Ces accents massifs de la théologie de la crise éclatent au moment où craque l'idéalisme allemand, qui a nourri de sa veine religieuse la dogmatique chrétienne depuis les Discours sur la religion de Schleiermacher en 1799. Feuerbach, Marx et surtout Nietzsche avaient déjà attaqué le théologien qui se cache der [...]


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Pour citer l’article

André DUMAS, « BARTH KARL - (1886-1968) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-barth/