KALAHARI

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Caractéristiques physiques

Géographie physique et géologie

Le Kalahari est une plaine sableuse dépourvue de relief, à la surface légèrement ondulée, dont l'altitude est supérieure à 900 mètres. Le substrat rocheux n'affleure que dans les kopje, collines basses à pente verticale qui s'élèvent rarement mais ostensiblement au-dessus de la surface générale. Outre ces kopje, le Kalahari se caractérise essentiellement par trois types de surface : couches sableuses, dunes longitudinales et vlei (« cuvettes »).

Les couches sableuses, probablement formées au Pléistocène (de 1 600 000 à 10 000 ans), sont restées fixes. Dans certaines zones, elles semblent d'origine fluviale, et résulteraient d'un écoulement en nappe continue à une époque où les précipitations étaient bien plus abondantes. La plupart sont cependant d'origine éolienne. Ces nappes de sable couvrent la partie orientale du Kalahari. Leur surface s'élève peu, le relief ne variant que d'un ou deux mètres par kilomètre. La couche de sable peut alors atteindre 60 mètres d'épaisseur. Le sable, recouvert d'une fine pellicule d'oxyde de fer, est très souvent rouge.

Toute la partie occidentale du Kalahari est marquée par de longues chaînes de dunes, globalement orientées vers le nord ou le nord-ouest. Les dunes mesurent au minimum 1,5 km de longueur, de 50 à 100 mètres de largeur et de 5 à 60 mètres de hauteur. Chaque dune est séparée de la suivante par une vaste dépression parallèle appelée straat (« rue »), qui offre le meilleur moyen de voyager dans ces dunes.

Les vlei sont des lacs asséchés qui se forment à l'extrémité des cours d'eau temporaires. Un certain nombre d'entre eux datent d'une époque où les précipitations étaient plus abondantes qu'actuellement. Rares sont les cours d'eau traversant le Kalahari qui se jettent dans la mer. Chaque rivière termine plutôt sa course dans une dépression légèrement plus basse ne se déversant dans aucun autre cours d'eau. À mesure que la rivière s'assèche, les fines particules de limon en suspension dans les eaux lentes se déposent avec des minéraux de calcium soluble et des sels formant des précipités par évaporation de l'eau. Apparaît alors une cuvette dépourvue de végétation. Sa surface plane se cimente sous l'action des minéraux solubles et devient éclatante de blancheur une fois asséchée. Une fine pellicule d'eau reste parfois à la surface après une averse, et, lorsque la teneur en sel est faible, la cuvette peut se couvrir d'herbe. Toutefois, les sols du Kalahari, pauvres en matière organique, reposent en grande partie sur du sable. Ils sont relativement alcalins et extrêmement secs. Ainsi, dans les cuvettes et à proximité, les sols, très calcaires ou salins, sont souvent toxiques pour la plupart des espèces végétales.

Hydrographie

Dans le sud et le centre du Kalahari, les eaux superficielles sont limitées à de petits points d'eau très dispersés, et les cours d'eau superficiels sont pratiquement inexistants. La quasi-totalité des eaux de pluie s'infiltre immédiatement dans le sable. Une partie est absorbée par les roches sous-jacentes. Une autre partie remonte à la surface par capillarité et s'évapore. Une dernière partie, enfin, puisée en profondeur par les racines des arbres, est évacuée par la transpiration des feuilles. Immédiatement après les rares pluies, la petite quantité d'eau qui ne tombe pas sur le sable peut parcourir de courtes distances avant d'atterrir dans une cuvette. Dans certaines zones du centre et du sud du Kalahari, de vastes réseaux hydrographiques anciens ont été détectés (au sol ou par des photographies aériennes). Plus aucun n'est alimenté, même lors des années très humides.

Le nord du Kalahari présente, en revanche, un excellent réseau fluvial. En été, d'abondantes pluies tombent sur les hauteurs du centre de l'Angola, loin du nord-est du Kalahari. Un volume important d'eau de ruissellement alimente les rivières qui coulent vers le sud et se rejoignent pour former l'Okavango et le Kwango. Le fleuve Okavango coule vers le sud-est et arrose l'extrémité nord du Kalahari. Il se sépare alors en plusieurs effluents et alimente une vaste zone marécageuse dans le nord du Botswana. Lorsque la saison des pluies est extraordinairement humide en Angola, l'excès d'eau remplit les marais qui débordent. L'eau se déverse alors dans le lac Ngami plus au sud, avant de s' [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Médias de l’article

Kalahari

Kalahari
Crédits : Clem Haager/ The National Audubon Society Collection/ Photo Researchers

photographie

Suricates

Suricates
Crédits : Digital Vision/ Getty Images

photographie

Les San, un peuple nomade

Les San, un peuple nomade
Crédits : N. Cirani/ De Agostini/ Getty Images

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  KALAHARI  » est également traité dans :

AFRIQUE (Structure et milieu) - Géologie

  • Écrit par 
  • Anne FAURE-MURET
  •  • 18 709 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « Bassin du Congo et Kalahari »  : […] Après la période du Karoo, au Jurassique, la région congolaise forme une vaste cuvette où s'accumulent des formations continentales. À la base se déposent des argilites rouges qui comportent à leur sommet des schistes bitumineux surmontés d'un niveau calcaire. Ces horizons ont fourni une faune de Poissons du Jurassique supérieur (Kimméridgien). Le calcaire et les Poissons qu'il contient évoquent […] Lire la suite

AFRIQUE DU SUD RÉPUBLIQUE D'

  • Écrit par 
  • Ivan CROUZEL, 
  • Dominique DARBON, 
  • Benoît DUPIN, 
  • Philippe GERVAIS-LAMBONY, 
  • Philippe-Joseph SALAZAR, 
  • Jean SÉVRY, 
  • Ernst VAN HEERDEN
  •  • 29 843 mots
  •  • 26 médias

Dans le chapitre « Les paysages »  : […] Immense territoire (1 224 297 km 2 ) compris entre le 18 e et le 33 e  parallèle sud, la République d'Afrique du Sud couvre un espace marqué par des inégalités de toutes natures. Tout d'abord, la chaîne du Drakensberg et les reliefs qui la prolongent jusque dans l'arrière-pays du Cap constituent la limite entre l'Ouest sec et peu peuplé et l'Est bien arrosé et plus densément occupé. Ensuite, à l […] Lire la suite

BOTSWANA

  • Écrit par 
  • Dominique DARBON, 
  • Benoît DUPIN
  •  • 2 665 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Les nouvelles politiques économiques »  : […] Au moment de l'indépendance, l'économie du pays repose sur l'élevage bovin – activité principale des Botswanais –, sur les aides financières octroyées par les Britanniques, et sur le rapatriement des salaires de plus de 40 000 nationaux employés dans les mines sud-africaines. Le miracle économique botswanais est fondé à la fois sur la diversification des ressources, et sur la gestion économique et […] Lire la suite

DÉSERTS

  • Écrit par 
  • Roger COQUE, 
  • François DURAND-DASTÈS, 
  • Huguette GENEST, 
  • Francis PETTER
  •  • 20 856 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Les genres de vie »  : […] Les besoins en eau d'un homme travaillant dans le désert s'élèvent à neuf litres par jour, utilisés pour la cuisine et la boisson. La recherche continuelle de l'eau a obligé les habitants à vivre en nomades, mais leurs accoutumances particulières ont donné lieu à une certaine diversité de modes de vie. Les tribus les plus primitives pratiquent des formes anciennes de nomadisme : la chasse et la c […] Lire la suite

NAMIB

  • Écrit par 
  • Richard F. LOGAN
  •  • 2 404 mots
  •  • 2 médias

Le Namib est un désert côtier « froid » qui longe l'Atlantique sur près de 1 900 kilomètres. Il s'étend de la ville de Namibe (autrefois Moçâmedes) en Angola au fleuve Orange dans la province du Cap-Nord en Afrique du Sud, traversant ainsi la Namibie. Le Namib s'enfonce d'environ 150 kilomètres dans les terres jusqu'au pied du Grand Escarpement. La partie méridionale se confond avec le désert du […] Lire la suite

NAMIBIE

  • Écrit par 
  • Charles CADOUX, 
  • Philippe GERVAIS-LAMBONY, 
  • Reginald H. GREEN
  • , Universalis
  •  • 7 135 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Une géographie « inégale » »  : […] Avec 2,3 millions d'habitants en 2014 pour une superficie de 824 790 kilomètres carrés, la Namibie est un des territoires les plus faiblement peuplé d'Afrique, et dont la répartition de la population est très inégale, pour des raisons tant historiques que naturelles. Les paysages namibiens sont, avant tout, caractérisés par la sécheresse. Le courant froid de Benguela combine ses effets à ceux de […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Richard F. LOGAN, GEORGE BERTRAND SILBERBAUER, « KALAHARI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/kalahari/