KABYLES

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La Kabylie

Le nom de Kabylie est la forme européanisée de l'arabe ḳbayl (tribus). Il ne semble pas que les historiens et les géographes d'expression arabe s'en soient servi dans leur nomenclature pour désigner une région quelconque de la Berbérie au Moyen Âge. Cette dénomination a été introduite par des voyageurs européens. De nos jours encore, seuls en usent en Algérie les sujets s'exprimant en français. L'arabophone dira blad leḳbayl (pays des tribus), ḳbayl étant traité ici en véritable nom propre. Quant aux Kabyles eux-mêmes, ils emploient un terme appartenant au très ancien fonds berbère : tamourt, la terre, la terre natale, la patrie, le pays.

Ce tamourt n'a jamais connu de frontières bien définies. Il eût fallu pour cela qu'il se constituât en État, et les Kabyles ont été de tout temps farouchement opposés à une hégémonie politique qui eût rendu impossible à leurs yeux l'application d'un principe de gouvernement solidement ancré dans leurs mœurs : le contrôle direct et rigoureux d'un pouvoir central électif. Le rejet d'une autorité commune de quelque importance ne signifiait cependant pas absence de cohésion. Morcelée à l'intérieur, la Kabylie n'offrait pas moins l'image d'un bloc, agissant en tant que tel, solidaire certes de l'ensemble algérien qu'elle a incarné plus d'une fois, mais sans jamais cesser de s'en distinguer. Elle servait de refuge le plus sûr aux populations des plaines fuyant devant l'envahisseur, ensuite de base de résistance et de récupération quand la puissance de l'ennemi était émoussée et que sonnait l'heure de la libération. Dans ces conditions, suivant les vicissitudes politiques et militaires, elle s'accroissait et englobait de larges lambeaux de plaines, ou se réduisait aux seuls pitons d'où l'on pouvait narguer soit l'ennemi soit un pouvoir central trop éloigné et anonyme, parfois nominalement reconnu, mais rejeté en la personne de son administration.

Formation et évolution du bloc kabyle

La lecture des auteurs anciens montre, en effet, une Kabylie tantôt cernée et réduite à ses seules montagne [...]


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Lounès Matoub

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Manifestants à Alger, en juillet 1998

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Pour citer l’article

M'Barek REDJALA, Bouziane SEMMOUD, « KABYLES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kabyles/