SŁOWACKI JULIUSZ (1809-1849)

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L'exilé

Né à Krzemieniec, Juliusz Słowacki, orphelin à cinq ans, grandit entouré des soins d'une mère qu'il aime d'une passion presque maladive. Mais les événements se chargent vite de détruire l'univers livresque où il semble s'enfermer. Extraordinairement précoce, connaissant parfaitement cinq langues, élevé dans un milieu très lettré (son père, Euzebiusz, était professeur de littérature à l'université de Wilno), Słowacki se plonge, dès sa quinzième année, dans la lecture de Byron et de Mickiewicz. Il s'identifie presque immédiatement à l'image du jeune romantique, marqué par l'amertume et la révolte, même par des passions étranges et souvent criminelles. Son premier poème important, Godzina Myśli (1832, L'Heure de la pensée), est une confession de « l'enfant triste » et révolté, touché par la grâce poétique et le sentiment de sa propre différence.

En 1829, il occupe un poste au ministère des Finances à Varsovie, mais l'insurrection de 1830, après avoir fait de lui un révolutionnaire, le voue à l'exil : Paris, la Suisse, l'Italie, l'Orient. Le désastre de 1831 l'a profondément transformé. Kordian (1834), conçu comme réplique aux Aïeux de Mickiewicz, dont la personnalité et l'influence fascinent et irritent Słowacki, en est la preuve ; le héros romantique y est confronté avec la réalité politique : conspiration, attentat manqué, supplice, Słowacki ne reviendra au pays natal qu'à l'occasion de l'insurrection de 1848 ; il a la joie d'y retrouver sa mère après tant d'années de séparation – sa correspondance avec elle constitue l'un des chefs-d'œuvre de la prose romantique polonaise. Mais il lui faut rejoindre Paris où il meurt l'année suivante, oublié, sauf de quelques enthousiastes dont Norwid et Krasiński.

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Jón BLONSKI, « SŁOWACKI JULIUSZ - (1809-1849) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/juliusz-slowacki/