JULIETA (P. Almodóvar)

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Une disparition

Julieta (2016) s’inscrit pleinement dans cette réconciliation des (faux) contraires. Par-delà Les Amants passagers (Los amantes pasajeros, 2013), qui paraissait revenir à la loufoquerie provocante et pleine de nonsense des débuts, ce film creuse le sillon le moins baroque du mélodrame almodovarien : celui dont La Fleur de mon secret (La flor de mi secreto, 1995) ou Parle avec elle (Hable con ella, 2002) représentaient déjà la pleine expression. Julieta a vu un jour disparaître sa fille, Antía, sans aucune explication. Des années durant, elle a tenté de se reconstruire sans jamais pouvoir donner une réponse à ce manque ; or, voilà qu’une rencontre fortuite la remet sur la piste d’Antía, qui a refait sa vie ailleurs… Le cinéaste s’approprie ici un univers littéraire déjà existant, comme il l’avait déjà fait avec Ruth Rendell (En chair et en os [Carne tremula], 1997) ou Thierry Jonquet (La piel que habito, 2011). Cette fois, ce sont trois nouvelles de la Canadienne Alice Munro qu’il fusionne en un seul scénario implacablement construit.

Julieta, P. Almodóvar

Julieta, P. Almodóvar

Photographie

Inspiré de nouvelles d'Alice Munro, Julieta est un troublant portrait de femme. Plus que jamais, Pedro Almodóvar s'y révèle un maître du mélodrame, dans la lignée de Douglas Sirk. Ici Adriana Ugarte (Julieta dans sa jeunesse) avec Rossy de Palma (la gouvernante maléfique). 

Crédits : Canal+/Cine+/El Deseo/ Photoshot/ Aurimages

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Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, rédacteur à la revue Positif

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Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « JULIETA (P. Almodóvar) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/julieta/