MICHELET JULES (1798-1874)

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L'héroïsme de l'esprit

Le futur ennemi des Jésuites, Jules Michelet, naquit à Paris. Il connut, pendant ses premières années, l'épreuve de la misère, de la faim, du froid. Son père, petit artisan imprimeur ayant connu des difficultés professionnelles et politiques, reporta sur son fils ses rêves déçus. Il lui raconta les journées révolutionnaires et lui transmit sa ferveur jacobine, tout en lui enseignant l'art de la composition typographique. Mais il s'imposa surtout des sacrifices pour lui assurer une solide instruction. Au collège Charlemagne, le jeune Michelet se mêla difficilement à ses condisciples, d'origine bourgeoise. Il ne fut pas de ces lycéens de l'Empire qui rêvèrent de servir dans les rangs de la Grande Armée. Il se contentait d'aimer Virgile. En 1816, au concours général, il remporta trois prix, dont deux de latin. Trois ans plus tard, il était licencié et docteur ès lettres, avec une thèse sur Plutarque. Gavroche était devenu un fort en thème. Mais il ne s'était pas détaché de ses origines populaires.

Il lui fallait, d'abord, gagner sa vie. Il prit la décision de faire carrière dans l'enseignement. Ses débuts, comme répétiteur, furent pénibles. Il ne manqua pas de se présenter au premier concours de l'agrégation des lettres, en 1821, et il y fut reçu, au troisième rang, sans avoir dû solliciter la bienveillance d'un recteur ou d'un évêque. On le chargea de professer l'histoire, timidement introduite dans les programmes de l'enseignement secondaire. Il l'enseigna à Sainte-Barbe, puis, à partir de 1827, à l'École normale en même temps que la philosophie. Il y initia, comme précepteur, la petite-fille de Louis XVIII.

Michelet ne sacrifia point sur l'autel de la pédagogie son génie naissant. Il se livra pendant une dizaine d'années, en vue ou en marge de ses cours, à des lectures aussi diverses qu'approfondies. Une prodigieuse curiosité intellectuelle l'animait, à la mesure de celle d'un Rabelais ou d'un Diderot. Il l'appela « héroïsme de l'esprit ». Mais il la justifi [...]

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, docteur ès lettres, directeur du centre de recherches révolutionnaires et romantiques, professeur de littérature française à l'université de Clermont-II

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Pour citer l’article

Paul VIALLANEIX, « MICHELET JULES - (1798-1874) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jules-michelet/