GRIS JUAN (1887-1927)

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La Jalousie, J. Gris

La Jalousie, J. Gris
Crédits : G. Roberton/ A.C. Cooper Ltd/ Courtesy of the Tate Gallery, Londres

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Guitare et journaux, J. Gris

Guitare et journaux, J. Gris
Crédits : Bridgeman Images

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Femme assise, J. Gris

Femme assise, J. Gris
Crédits : Bridgeman Images

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La Bouteille de Banyuls, J. Gris

La Bouteille de Banyuls, J. Gris
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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L'initiation au cubisme

Né à Madrid dans un milieu aisé, Juan Gris, de son vrai nom José Victoriano González, n'hésita pas longtemps sur sa vocation : il serait peintre. Et il le prouve : en 1904, il abandonne des études d'ingénieur pour entrer dans l'atelier d'un vieux peintre académique où, pense-t-il, il apprendra le « métier » ; puis, déçu par la morne vie artistique madrilène où le Jugendstil (l'Art nouveau) tient lieu d'avant-garde, il part pour Paris, en 1906. Attiré par la gloire naissante de son compatriote Pablo Picasso, il s'installe au «  Bateau lavoir ». Guillaume Apollinaire, Max Jacob, puis Pierre Reverdy avec lequel il se sent tout de suite en confiance, deviennent ses amis. Avec eux, il assiste à la naissance et à l'épanouissement du cubisme.

De cette période, on ne connaît de lui – si l'on excepte les dessins humoristiques de L'Assiette au beurre, du Charivari, etc., qui le font vivre – que quelques fusains et aquarelles, et il faut attendre la fin de 1910 pour le voir se consacrer sérieusement à la peinture. Mais ses premières toiles, révélées au public lors du Salon des indépendants de 1912, dont l'Hommage à Picasso (The Art Institute of Chicago), surprennent par la maîtrise dont elles témoignent dans le maniement du nouveau vocabulaire plastique et par l'originalité des solutions qu'elles proposent à l'intérieur du système. Alors que Braque et Picasso, traversant ce qu'il est convenu d'appeler leur période de cubisme analytique, viennent de donner quelques-unes de leurs œuvres parmi les plus hermétiques, à la limite de la non-figuration, Gris propose une analyse de la forme qui, pour être subtile, ne cesse jamais d'être claire. Dans ses natures mortes ou ses portraits, le plus souvent monochromes, objets et figures sont travaillés par une sorte de clivage en diagonale qui brise leur contour et juxtapose arbitrairement leurs parties comme autant de fragments épars d'un même miroir. Les volumes savamment modelés, le respect, un peu anachronique, de l'unité de la source lumineuse, contribuent à la parfaite lisibilité de ces compositions. C'est l'amorce d'une réflexion personnelle sur les ressources de l'écriture cubiste.

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Gérard BERTRAND, « GRIS JUAN - (1887-1927) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-gris/