ALBERS JOSEF (1888-1976)

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La découverte de la couleur

Né en 1888 à Bottrop (Westphalie, Allemagne), en plein pays minier, Josef Albers est issu d'une famille d'artisans. Son père, peintre en bâtiment, est aussi à l'occasion, peintre en décors de théâtre et lui montrera quelques tours du métier. Déjà « sensibilisé à l'art », donc, son premier choc date cependant de 1908, lorsqu'il visite à Munich la Pinacothèque, le musée Folkwang à Hagen, et voit pour la première fois des toiles de Matisse et de Cézanne. Albers est alors instituteur à la campagne. À l'âge de vingt-cinq ans, il demande un congé de deux ans pour poursuivre ses études à l'École royale des beaux-arts de Berlin : c'est là qu'il découvre l'art contemporain (l'expressionnisme, Der Sturm, Klee, le cubisme, Delaunay), et plus particulièrement Van Gogh et Edvard Munch, dont un Lever de soleil lui révèle, en 1913, sa passion pour la couleur. Dans les travaux de cette époque, comme dans ceux du maître scandinave, sans aplats ni contours, de longues bandes courbes et parallèles de couleur départagent par leur direction des zones sur toute la surface. Mais déjà l'accent est mis sur la luminosité de la réserve (le support, du papier blanc) qui sépare ces lignes grasses et éclaire l'ensemble. Diplômé, Albers est contraint de reprendre son poste provincial, mais il poursuit sa formation à Essen, et met à profit cet isolement pour faire le point sur ce qu'il a vu à Berlin : c'est là, dit-il, qu'il prendra conscience de l'importance de Cézanne, dont il sera sans doute l'un des rares à avoir perçu la nouveauté dans le travail sur la linéarité. Et si les linogravures ou les gravures sur bois de cette période semblent de facture « expressionniste », il ne s'agit pour lui que de penser avec la plus grande acuité possible la question du contraste (l'écart maximal noir/blanc) et non d'exhibition subjective de ses angoisses personnelles.

À Munich, Albers suit pendant dix-huit mois les cours de Franz von Stuck, qui le dé [...]

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Pour citer l’article

Yve-Alain BOIS, « ALBERS JOSEF - (1888-1976) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/josef-albers/