BERZELIUS JÖNS JACOB (1779-1848)

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La codification du système atomique

Berzelius a pleinement développé le projet de la chimie lavoisienne qui se fonde sur le choix de la masse comme invariant. Mais ses recherches, qui ont abouti à la publication en 1818 d'une première table de masses atomiques, procèdent plus particulièrement des spéculations de Dalton. Celui-ci avait réactivé en 1803 l'antique notion d'atomes dans une théorie des gaz proche de celle de Lavoisier. L'hypothèse atomique fut exposée, d'abord en 1807, dans une réédition du System of Chemistry de T. Thomson, puis développée l'année suivante par Dalton lui-même dans son New System of Chemical Philosophy. Dans ses vues, la matière est constituée de particules élémentaires indestructibles ; les phénomènes chimiques résultent de la diversité avec laquelle se groupent ces atomes dont chaque variété spécifie un élément ; les divers atomes diffèrent primordialement par leur masse ; les composés, enfin, sont des associations en proportions définies et constantes d'un petit nombre d'atomes.

De telles conceptions s'accordaient avec des observations de chimistes du xviiie siècle, touchant à la fréquence de rapports pondéraux simples dans la saturation des bases par des acides ou les doubles décompositions entre sels neutres. Berzelius médita les travaux de Wenzel, Richter et Higgins. Le premier, dans sa Lehre von den Verwandschaften de 1777, avait indiqué, au sujet des doubles décompositions, que « les rapports relatifs, entre les quantités d'alcalis et des terres qui saturent une quantité donnée de même acide, sont les mêmes pour tous les acides ». En publiant, vingt ans après, son traité Über die neueren Gegenstande der Chemie, Jeremias Benjamin Richter posait les bases sûres de la stoechiométrie par l'analyse des capacités de saturation relative des bases et des acides. Quant à Higgins, il avait insisté dans sa Comparative View of the Phlogistic and Antiphlogistic Theories (1789) sur « les divers degrés de combinaison qui peuvent avoir lieu entre les mêmes corps ». Le mérite de Berzelius est d'avoir su relier toutes ces observations avec l'hypot [...]

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Pour citer l’article

Jacques GUILLERME, « BERZELIUS JÖNS JACOB - (1779-1848) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jons-jacob-berzelius/