JONGLEURS

AUCASSIN & NICOLETTE (1200 env.)

  • Écrit par 
  • Paul ZUMTHOR
  •  • 894 mots

Des raisons philologiques et littéraires incitent à dater des environs de 1200 et à localiser dans le nord de la région picarde la composition de cette œuvre anonyme, charmante, tendre et ironique, colorée, l'une des plus parfaites de ce temps. Par sa forme, elle est unique : l'auteur, dans sa conclusion, la qualifie de « chantefable », mot très probablement forgé par lui et qui ne désigne aucun g […] Lire la suite

CHANSON DE GESTE

  • Écrit par 
  • Italo SICILIANO
  •  • 5 068 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le cycle du Roi »  : […] Comme il se doit, la geste du Roi est « la plus honorée », peut-être la plus ancienne. Dans le premier texte épique qui nous soit connu ( Fragment , en latin, commencement du xi e s.), Charlemagne se bat, avec les enfants de Narbonne, au siège d'une ville occupée par les Sarrasins. Sur la fin du même siècle, dans la version Oxford de La Chanson de Roland , « nostre emperere magnes » est âgé de de […] Lire la suite

ÉPOPÉE

  • Écrit par 
  • Emmanuèle BAUMGARTNER, 
  • Maria COUROUCLI, 
  • Jocelyne FERNANDEZ, 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT, 
  • Altan GOKALP, 
  • Roberte Nicole HAMAYON, 
  • François MACÉ, 
  • Nicole REVEL, 
  • Christiane SEYDOU
  •  • 11 798 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La tradition européenne »  : […] Chanter de geste , chanson de geste , ces deux expressions, bien attestées au Moyen Âge, désignent au plus juste la forme qu'a prise l'épopée dans la France médiévale, à partir de La Chanson de Roland (vers 1090)  : la célébration des exploits ( res gestae ) des héros nationaux, au long d'un récit, psalmodié plutôt que chanté, par un récitant qui s'accompagnait à la vielle. Nous n'atteignons plus […] Lire la suite

JEAN BODEL D'ARRAS (1167 env.-1209/10)

  • Écrit par 
  • Daniel POIRION
  •  • 291 mots

Trouvère arrageois, Jean Bodel débute dans la carrière littéraire comme jongleur vers 1190. En 1194, il est membre de la confrérie des jongleurs et bourgeois d'Arras en même temps que sergent de l'échevinage. Il prend la croix en 1199 ou 1200, lors de la prédication de Foulques de Neuilly qui prélude à la IV e  Croisade, mais, devenu lépreux en 1202, il se retire à la léproserie de Beaurain, près […] Lire la suite

LAISSE, littérature

  • Écrit par 
  • Daniel POIRION
  •  • 271 mots

La cellule de base, le couplet de la chanson de geste, unité de contenu et versification. De dimension variable, la laisse se caractérise par une même assonance ou rime. Elle est très souvent encadrée par un vers d'intonation et un vers de conclusion, le développement intérieur étant plus libre, mais structuré par le vers, généralement décasyllabe de coupe 4/6. Certains remanieurs terminent la lai […] Lire la suite

LECTURE

  • Écrit par 
  • Henri-Jean MARTIN, 
  • Martine POULAIN
  •  • 10 498 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'essor de la lecture en langue vulgaire »  : […] Voici cependant que, à partir du xi e  siècle et plus généralement du xiii e , les manuscrits en langues vulgaires commencent à se multiplier tandis qu'un nombre croissant de laïques se trouve alphabétisé. Il ne peut être question d'évoquer ici les conditions dans lesquelles furent réunies et fixées par écrit des poésies de tradition orale. Ainsi apparurent les « manuscrits de jongleurs », aligna […] Lire la suite

LUTH

  • Écrit par 
  • Joël DUGOT
  •  • 7 042 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Rôle profane et rôle sacré »  : […] On sait peu de chose sur l'emploi du luth dans la musique au Moyen Âge. Cela tient d'abord au manque total de documents écrits, puisque la musique elle-même commençait seulement de se donner des règles graphiques. La notation musicale venait de naître et restait très imprécise. De plus, elle ne s'adressait qu'aux chants liturgiques, tropes ou séquences. Le choix des instruments était donc des plus […] Lire la suite

MÉNESTREL

  • Écrit par 
  • Daniel POIRION
  •  • 319 mots

Si l'âge romantique s'est fait une idée flatteuse de ce musicien errant, l'opinion des contemporains était plus réservée. Le ménestrel ou « ménestrier » était parfois un vaurien, comme tous ces amuseurs venus d'on ne sait où. Mais le statut des ménestrels s'est peu à peu précisé, les distinguant à la fois des simples jongleurs, plutôt mimes ou acteurs, et des trouvères, qui sont en propre des aute […] Lire la suite

MESTER DE JUGLARÍA, littérature

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 288 mots

Antérieur au mester de clerecía , avec lequel il coïncide en partie, le « métier de jonglerie » s'applique aux poèmes épiques récités par les jongleurs, ou aux poèmes narratifs, lyriques ou dramatiques des xii e , xiii e et xiv e siècles. Fondé sur la tradition orale et les gestes historiques, il est la première manifestation de la langue romane ( romance ) qui deviendra le castillan. L'ensemble […] Lire la suite

RUTEBEUF (1230?-? 1280)

  • Écrit par 
  • Daniel POIRION
  •  • 2 025 mots

Dans le chapitre « Système de la satire »  : […] Le genre de la complainte satirique met de toute façon en rapport la vie privée et la vie publique, faisant appel à l'opinion, et visant à l'action, morale, politique ou économique, les problèmes d'argent restant une préoccupation constante et réaliste de cette littérature. Cette participation à l'activité historique est évidente dans la querelle de l'université de Paris. Mais la qualité littérai […] Lire la suite

VILLON FRANÇOIS (1431-apr. 1463)

  • Écrit par 
  • Jacqueline CERQUIGLINI-TOULET
  •  • 3 062 mots

Dans le chapitre « Poétique du vol et de l'envol »  : […] Le théâtre joue un rôle important dans l'écriture de François Villon. Le monde du théâtre, tout d'abord, est convoqué par le poète qui le connaît bien : « Rime, raille, cymbale, fluctes [...]. Farce, brouille, joue des flûtes ; / Fais, ès villes et ès cités / Farces, jeux et moralités » ( Le Testament , « Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie »). Le poète sait croquer une scène, saisir […] Lire la suite