MILTON JOHN (1608-1674)

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Serviteur de la poésie

Né au cœur de la cité de Londres, John Milton fut élevé selon les traditions les plus rigoureuses de la pédagogie humaniste. Son père, tabellion de haute intégrité, y veilla de bonne heure et le confia à un précepteur puritain ; il aimait lui-même la poésie et jouait de l'orgue. Le jeune homme apprit qu'il ne devait pas gaspiller son talent, tandis qu'il étudiait les lettres classiques et s'enchantait à lire La Reine des fées, le grand poème allégorique de Spenser, son « docte et sage » devancier. En quittant l'école Saint Paul, il entra à Christ's College à Cambridge, en 1625. Un portrait le représente portant collerette et le visage paré de boucles châtain : on l'appela « la demoiselle » du collège. Il accepte la discipline scolastique, apprend à disserter en latin comme le feront en anglais les personnages de ses deux poèmes épiques. Il compose des élégies latines et écrit en 1629 son premier grand poème, l'Ode au matin de la Nativité (On the Morning of Christ's Nativity), où l'on reconnaît la complexité baroque du temps et une spiritualité marquée de néo-platonisme, avec la gravité déjà sublime du chantre biblique. Son père s'étant retiré à Horton (Buckinghamshire), il y séjourne avec lui au sortir de l'université en 1632, pour affermir sa vocation de poète. Il a renoncé à entrer dans le clergé anglican car les événements politiques ont décidé de son choix : le royaume spirituel auquel il pense ne peut selon lui admettre la hiérarchie d'une Église temporelle. En effet, Charles Ier (1625-1649) incline à imiter les pratiques romaines, sous la conduite de l'archevêque Laud. Milton, d'autre part, est trop érudit pour s'accommoder du fanatisme puritain, iconoclaste et désespéré. Son choix le porte cependant vers les partisans du Parlement, rebelle à l'autoritarisme royal et hostile au courant d'immoralité qu'encourage la reine Henriette : il n'ira pas toutefois jusqu'à approuver l'avocat londonien William Prynne, qui fustige avec verve les jeux du théâtre dans l'Histriomastix (1632) et se fait condamner à [...]


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Pour citer l’article

Jacques BLONDEL, « MILTON JOHN - (1608-1674) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-milton/